
Au 13 mai 2026, ces 6 experts virologues, résument à 11 cas confirmés et 3 décès, la prévalence actuelle des infections à hantavirus Andes, et rappellent que le risque global pour le grand public reste faible. Cependant, leur article d’opinion est dirigé contre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qu‘ils appellent « à changer de posture » face aux virus respiratoires émergents. Leur tribune, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) reproche à l’OMS en pratique d’attendre la preuve définitive de la transmission aérienne avant d’adopter des mesures préventives, plutôt que d’appliquer le principe de précaution dès l’apparition d’un signal.
Ces experts sont le Dr Don Milton, spécialiste des virus aéroportés, chercheur à University of Maryland (College Park, Maryland), Trisha Greenhalgh de l’University of Oxford (Royaume-Uni), David N. Fisman de l’University of Toronto (Canada), Amanda Kvalsvig de l’University of Otago (Nouvelle-Zélande), Lidia Morawska de la Queensland University (Australie) et Jonathan M. Samet de la Colorado School of Public Health.
Le Dr Milton formule la critique directement : « Le point de départ ne devrait pas être de minimiser le risque de transmission aérienne jusqu’à ce qu’il soit définitivement prouvé ».
Ce positionnement prend une résonance particulière dans le contexte de ce nouveau cluster :
le virus Andes, suspecté, est le seul hantavirus documenté comme transmissible entre humains — et les cas surviennent dans un milieu confiné à bord d’un navire, conditions propices à la dissémination par aérosols.
Quelles recommandations ?
Ce consortium d’experts propose que :
- la réponse par défaut de l’OMS face à tout virus émergent à transmission respiratoire potentielle inclue immédiatement : le port de masques (FFP2/N95 minimum, et non de simples masques chirurgicaux) par les soignants, les cas confirmés et leurs contacts proches ;
- l’amélioration de la ventilation dans tous les espaces confinés concernés ;
- l’interdiction de recirculation d’air non filtré ;
- l’utilisation de filtration HEPA portable dans tous les environnements de quarantaine et de transport confinés.
Quelles implications pour la pratique clinique ?
Cette tribune s’inscrit dans le débat alimenté par les retours d’expériences de la pandémie COVID, de la sous-estimation « à l’époque » de la transmission aérienne par les instances sanitaires internationales. Pour les professionnels de santé, l’implication pratique est immédiate :
- dans tout contexte de suspicion ou de prise en charge de cas de hantavirus, et plus particulièrement de virus Andes, les précautions de type « airborne » doivent être appliquées sans attendre la confirmation formelle du mode de transmission.
Source: BMJ, 13 mai 2026 Experts call on WHO to revisit its approach to airborne risk in light of hantavirus outbreak

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