
Ces scientifiques de l’Université Rutgers viennent de mettre au point un nouvel indicateur de santé intestinale permettant de suivre l’évolution des maladies notamment des MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin), mais pas seulement. L’indice, documenté dans la revue Science, analyse le comportement microbien et signale des affections telles que les MICI ou le cancer colorectal.
L’équipe a découvert que les variations dans la façon dont ces bactéries de l’écosystème complexe de l’intestin interagissent, révèlent la différence entre santé et maladie. A partir de ces variations soit en mesurant les interactions entre les bactéries intestinales, ils développent un nouvel « outil » permettant de « diagnostiquer l’intestin ».
2 états intestinaux écologiques distincts
Ces 2 états distincts sont déterminés non pas par des microbes individuels, mais par la manière dont des communautés bactériennes entières interagissent, en compétition ou en coopération.
L’un des auteurs principaux, Juan Bonachela, professeur d’écologie, d’évolution et de ressources naturelles à la Rutgers, précise : « Ce changement de perspective nous a permis de considérer la santé et la maladie comme associés à 2 états fondamentalement différents du microbiome intestinal ».
L’étude a donc cherché à mesurer comment les communautés bactériennes évoluent entre santé et maladie. Pour cela, l’équipe a développé un nouvel indicateur appelé Indice d’équilibre du réseau écologique (ENBI), qui détermine si les communautés microbiennes sont dominées par
-
des interactions compétitives ou coopératives ;
- le microbiome intestinal se stabilisent systématiquement selon l’une des 2 configurations suivantes : un état diversifié et compétitif associé à la santé, et un second état dominé par de petits groupes de bactéries étroitement liés et coopérant, associés à la maladie ;
- testé sur des ensembles de données existants, le modèle permet bien de distinguer, systématiquement, les patients en bonne santé de ceux atteints de différentes maladies ;
- ainsi, dans le cas du cancer colorectal, l’indice augmente avec la progression de la maladie ;
Quelles implications ? Ce nouvel indice va permettre de saisir cette évolution, par exemple en analysant des échantillons de selles et en distinguant les personnes en bonne santé de celles qui sont malades. Il va également permettre de mieux comprendre comment la maladie se développe lorsque les communautés microbiennes se réorganisent.
« Ces travaux démontrent que
la santé intestinale ne dépend pas seulement des bactéries présentes, mais aussi de leurs interactions.
Dans des maladies comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), l’infection à Clostridium difficile, le syndrome du côlon irritable et le cancer colorectal, les bactéries forment des groupes plus coopératifs et étroitement liés, capables de dominer et de perturber le fonctionnement normal de l’intestin ».
Ces résultats contribuent également à expliquer pourquoi tant de maladies intestinales sont difficiles à prédire et à traiter et pourquoi les thérapies intestinales telles que les probiotiques et les transplantations de microbiote fécal sont parfois efficaces, parfois non.
Ces travaux ouvrent ainsi une nouvelle perspective sur les dysfonctionnements du microbiome, via l’étude des interactions entre communautés bactériennes.
Source: Science 26 Feb, 2026 DOI :10.1126/science.ady1729 Imbalance in gut microbial interactions as a marker of health and disease
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