
Cette recherche récente d’une équipe de chimistes et pharmacologues de l’Arnold School of Public Health (Columbia) révèle que les crèmes solaires produisent des radicaux libres persistants lorsqu’elles sont exposées à la lumière. Ces conclusions, publiées dans les Environmental Science & Technology Letters, apportent un nouvel éclairage sur la photochimie des crèmes solaires et vont contribuer à orienter les futures évaluations d’innocuité et d’efficacité de ces produits.
Les précédentes recherches menées sur les radicaux libres persistants se sont concentrées sur les particules issues de procédés industriels tels que la combustion et les réactions thermiques. Cette équipe élargit ce champ d’étude en identifiant la présence de radicaux libres biogéniques dans des sources inattendues comme les feuilles, par exemple, et, ici, via les crèmes solaires.
L’auteur principal, Eric Vejerano, expert de la qualité de l’air et des polluants environnementaux, professeur agrégé à l’Arnold School, note : « Nous savions déjà que l’exposition à la lumière provoque la génération de radicaux libres transitoires par les crèmes solaires minérales, mais notre étude a révélé qu’elles peuvent également produire des radicaux libres à longue durée de vie ».
Des radicaux libres persistants bien après la fin de l’exposition au soleil
L’étude explore le comportement des ingrédients courants des crèmes solaires sous l’effet de la lumière. L’équipe a testé 7 crèmes solaires disponibles dans le commerce (dont quatre à base de minéraux). Différents tests en laboratoire permettent de constater que :
- chaque échantillon produit des radicaux libres persistants (RLP) lorsqu’il est exposé à la lumière artificielle ;
- si l’exposition de ces crèmes solaires à la lumière accroît la production de RLP, l’ajout d’eau réduit considérablement cette production pour la plupart des crèmes solaires ;
- sauf pour l’un des échantillons testés : pour cette crème solaire, l’ajout d’eau a entraîné une augmentation de la formation de ces RLP, ce qui est inquiétant -soulignent les chercheurs.
Cette étude est la première à démontrer que les crèmes solaires commerciales produisent des radicaux libres persistants bien après la fin de l’exposition au soleil.
Quelle quantité, quel danger ? L’équipe estime qu’environ 10 RLP peuvent se former par gramme de crème solaire. Pour une application corporelle complète (20 à 40 grammes), ce calcul suggère la création de 200 à 400 RLP par application typique avec
des effets probables liés au stress oxydatif sur de vieillissement prématuré de la peau.
« Nos résultats soulignent la nécessité de réévaluer l’utilisation de certaines crèmes solaires susceptibles de produire ces RLP et de mieux comprendre le comportement des ingrédients de ces crèmes afin de développer des produits qui protègent mieux notre peau mais aussi nos écosystèmes ».
Source: Environmental Science & Technology Letters 28 Oct, 2025 DOI : 10.1021/acs.estlett.5c00861 Exposure of Selected Sunscreens to Artificial Sunlight Generates Persistent Free Radicals

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