
C’est un exemple des performances que l’Homme peut accomplir lorsqu’il s’agit d’atteindre un objectif vital pour l’humanité : ici des équipes de recherche utilisent le biochar, un type de charbon déjà connu pour ses multiples utilisations à impact, pour transformer les résidus de pesticides en nutriments pour les plantes : une nouvelle stratégie pour des sols plus propres, des cultures plus saines, une agriculture plus durable et une meilleure sécurité alimentaire.
Ces équipes de recherche ont développé, pour « nettoyer les sols » un procédé à base de biochar, un type de charbon (carbone pur) qui connait ces dernières décennies un formidable regain d’intérêt. Produit à partir de n’importe quelle matière végétale chauffée sans oxygène entre 300 °C et 700 °C et via une réaction de pyrolyse ou carbonisation, le biochar est surtout connu sa capacité à stocker le CO2 atmosphérique.
Plusieurs études confirment que ce procédé permet d’éliminer les résidus de pesticides tout en stimulant la croissance de certaines cultures. L’exemple est apporté avec notamment le clothianidine, un pesticide néonicotinoïde largement utilisé, connu pour sa persistance dans les sols et son accumulation dans les cultures,
ce qui présente des risques pour les écosystèmes et la santé humaine.
Transformer les pesticides du sol en engrais pour les cultures
Des scientifiques ont désormais trouvé le moyen non seulement d’éliminer ce pesticide du sol, mais de le transformer en un nutriment utile pour les plantes. Ils utilisent ainsi un nouveau catalyseur à base de biochar qui convertit les résidus de pesticides nocifs en azote ammoniacal, un engrais qui favorise la croissance des cultures. Le biochar active des processus d’oxydation qui décomposent le pesticide dans les sols contaminés.
La réaction libère de l’azote ammoniacal (ammonium), un nutriment essentiel à la croissance des plantes.
Des expériences en serre sur de la laitue révèlent même des résultats remarquables : lorsque les sols, même à forte concentration de pesticides sont ainsi traités, aucun résidu de pesticide n’est ensuite détecté dans les cultures, dont le poids sec est même presque doublé par rapport aux plantes cultivées dans des sols non traités.
On retrouve les mêmes voies chimiques impliquées, qu’en santé humaine : les espèces réactives de l’oxygène, notamment les radicaux hydroxyles, l’oxygène singulet et les radicaux sulfate, sont à l’origine de la dégradation des pesticides et de la conversion des nutriments. De plus, les produits de dégradation sont significativement moins nocifs que le pesticide initial.
Cet exemple illustre les progrès -dont on parle trop peu- accomplis pour la sécurité alimentaire et l’agriculture durable :
au lieu de simplement éliminer des substances toxiques, il devient possible de les recycler en nutriments.
Un process qui ouvre des perspectives aussi en santé humaine.
Sources
- Biochar 27 June, 2025 DOI : 10.1007/s42773-025-00465-z Conversation of pesticide residues into ammonium nitrogen (NH4+-N) through AOPs and its fertilization effect on lettuce growth
- Journal of Analytical and Applied Pyrolysis May, 2021 DOI : 10.1016/j.jaap.2021.105073 Abstraction of nitrates and phosphates from water by sawdust- and rice husk-derived biochars: Their potential as N- and P-loaded fertilizer for plant productivity in nutrient deficient soil
- Chemical Engineering Journal Aug, 2019 DOI : 10.1016/j.cej.2019.03.179 Novel soil remediation technology for simultaneous organic pollutant catalytic degradation and nitrogen supplementation
- Journal of Chromatography B Sept, 2026 DOI : 10.1016/j.jchromb.2016.06.020 Simultaneous determination of eight neonicotinoid insecticide residues and two primary metabolites in cucumbers and soil by liquid chromatography–tandem mass spectrometry coupled with QuEChERS
- Bulletin of Environmental Contamination and Toxicology 2012 DOI : 10.1007/s00128-012-0671-2 Degradation Dynamics of the Insecticide: Clothianidin (Dantop 50 % WDG) in a Tea Field Ecosystem

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