
L’exercice physique avant de commencer la chimiothérapie constitue définitivement une piste prometteuse pour réduire la fatigue liée au cancer, durant le traitement, tout comme l’exercice reste indispensable à la récupération du cancer. C’est une nouvelle étude, d’une équipe de l’Université de Sherbrooke (Canada) et de l’Université Jiao Tong (Shanghai). Ses conclusions, publiées dans la revue Translational Exercise Biomedicine, consacre l’exercice comme la « préhabilitation » de première intention avant une chimiothérapie.
L’étude pilote croisée randomisée regarde si un exercice aérobique d’intensité modérée à élevée, pratiqué la veille d’une chimiothérapie, permet de réduire la fatigue liée au cancer et le comportement et l’activité dans les jours qui suivent le traitement. L’étude est menée auprès de 12 patients âgés de 45 à 65 ans, atteints d’un cancer métastatique du sein, colorectal ou de la prostate et suivant une chimiothérapie. Selon un protocole croisé, chaque participant a réalisé 3 exercices la veille de sa séance de chimiothérapie :
- REST (condition contrôle : 40 minutes de repos assis),
- MOD (exercice aérobie continu d’intensité modérée : 30 minutes à 50 % de la puissance sous-maximale),
- HIIT (exercice par intervalles de haute intensité : dix intervalles d’une minute à haute intensité avec des périodes de récupération active).
Les participants ont été suivis pendant les 5 jours suivant la chimiothérapie. La fatigue liée au cancer et d’autres symptômes, tels que les nausées, la douleur, l’humeur, la qualité du sommeil et les courbatures, ont été évalués 3 fois par jour à l’aide d’échelles visuelles analogiques ; la sédentarité, l’activité physique légère et l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse ont été mesurées objectivement à l’aide d’accéléromètres. L’analyse conclut que :
- l’exercice avant la chimiothérapie offre des bénéfices, mais modestes, dans la gestion de la fatigue ;
- l’exercice physique avant la chimiothérapie est sans danger
- la fatigue liée au cancer fluctue tout au long de la journée et augmente généralement en fin de journée ;
-
l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT) permet de réduire significativement la fatigue perçue le jour 5 après la chimiothérapie,
- suggérant un effet bénéfique différé de l’exercice intense ;
- en revanche, aucun effet significatif du temps et de l’entraînement n’est observé sur la sédentarité et l’activité au cours des 5 jours de suivi ;
- le groupe « HIIT » présente une tendance à l’augmentation des nausées le premier jour et une augmentation significative le 3è jour, tandis que le groupe MOD était associé à des nausées plus importantes le 5è jour ;
- l’humeur et la qualité du sommeil sont restées relativement stables dans les 2 groupes d’exercice.
L’auteur principal, le Dr Eléonor Riesco, chercheur à l’Université de Sherbrooke souligne l’importance clinique de ces résultats : « l’exercice aérobique d’intensité modérée à vigoureuse pratiqué la veille de la chimiothérapie est sans danger et n’exacerbe pas la fatigue liée au cancer ni les autres symptômes liés au traitement. L’exercice par intervalles à haute intensité (HIIT) peut contribuer à atténuer la fatigue dans les jours suivant le traitement ».
Ces résultats préliminaires suggèrent qu’un programme d’exercice « stratégique » pourrait constituer un atout précieux dans les soins de soutien en oncologie.
Source: Translational Exercise Biomedicine 8 Jan, 2026 DOI:10.1515/teb-2025-0037 Effects of aerobic exercise performed the day before chemotherapy on cancer-related fatigue and active behavior in advanced cancer patients: a randomized crossover pilot study
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