
La thymuline, hormone produite par le thymus, maintient l’inflammation sous contrôle cependant son déclin avec l’âge laisse progresser l’inflammation chronique et des maladies comme le cancer. Ces travaux d’une équipe de biologistes de la Keck School of Medicine of USC (Los Angeles), publiés dans la revue Nature Communications, suggèrent que restaurer la thymuline pourrait renforcer la réponse immunitaire et dans le cas du cancer et prolonger la survie via une réponse améliorée à l’immunothérapie.
L’inflammation chronique de bas grade, ce phénomène baptisé « inflammaging » car il s’accentue avec l’âge, est liée à de grandes maladies et au décès : cancer, maladie cardiaque, troubles métaboliques et maladies neurodégénératives.
Ces travaux désignent
un acteur central de l’inflammaging : le thymus,
un petit organe situé derrière le sternum, réputé pour son rôle dans le développement du système immunitaire. Il produit la thymuline, une hormone qui régule les cytokines, ces protéines de signalisation déclenchant l’inflammation.
Au fur et à mesure que la thymuline diminue avec l’âge, les cytokines augmentent, ce qui favorise l’inflammation chronique et la progression de certaines maladies liées à l’âge.
L’un des auteurs principaux, le Dr Fumito Ito, professeur de chirurgie et d’immunologie à la Keck School, précise : « C’est la première preuve d’une substance naturellement produite dans le thymus, qui décline avec l’âge et possède le pouvoir d’inverser l’inflammation liée à l’âge ».
L’étude repose sur
la parabiose hétérochronique qui consiste à relier des systèmes de circulation sanguine de modèles jeune et âgé,
de sorte que les 2 organismes partagent leur circulation sanguine. La procédure réduit l’inflammation chez les souris âgées et les chercheurs ont cherché le facteur en cause, à partir d’échantillons de sang humain et de souris modèles, ont analysé les gènes impliqués dans le vieillissement et la longévité, en se concentrant sur ceux liés aux cytokines, puis exploré une voie biologique reliant le thymus à l’inflammaging. Ces travaux révèlent que ;
- les souris dépourvues de certains gènes liés aux cytokines présentent des anomalies du thymus ;
-
la thymuline régule les cytokines de l’organisme et maintient l’inflammation sous contrôle ;
- à mesure que la thymuline chute avec l’âge, les cytokines augmentent ;
- chez les souris âgées atteintes de cancer, l’apport de thymuline renforce la réponse immunitaire antitumorale et améliore la survie globale ;
- la thymuline rend aussi les souris âgées plus sensibles à l’immunothérapie.
Quelle explication ? L’inflammation chronique entrave la capacité du système immunitaire à répondre aux attaques. En restaurant la thymuline, ce frein est en partie levé, ce qui explique à la fois la meilleure survie et l’efficacité accrue de l’immunothérapie. Alors que jusque-là, le thymus était surtout connu pour produire les lymphocytes T qui permettent au système immunitaire de combattre infections et cancers, cette recherche montre que le thymus aide aussi à contenir l’inflammation liée à l’âge.
Quelles implications ? Ces découvertes dessinent une voie reliant vieillissement, inflammation et immunité antitumorale, et positionnent la thymuline comme stratégie prometteuse pour améliorer l’immunothérapie du cancer, en particulier chez les personnes âgées.
Source: Nature Communications July 21, 2026 DOI: 10.1038/s41467-026-75383-0 Thymulin restrains age-associated myeloid inflammation and enhances cancer immunotherapy
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