
Moins de 1 participant sur 4 hospitalisé pour un AVC et moins de 1 sur 7 pour un traumatisme crânien sont orientés vers un établissement de rééducation hospitalière intensive à leur sortie, avec des disparités significatives selon le sexe, l’origine ethnique, la couverture d’assurance et le niveau de revenu, révèle cette large analyse menée par des épidémiologistes du TIRR Memorial Hermann (Houston, Texas). Ces données, publiées dans la revue Neurology Open Access, mettent en lumière l’urgence d’ouvrir un accès inéquitable à une forme de soins dont le bénéfice sur la récupération est pourtant aujourd’hui bien établi.
La rééducation hospitalière intensive après un AVC, un traumatisme crânien ou une lésion médullaire peut améliorer significativement la récupération fonctionnelle. Certains établissements de rééducation hospitalière apportent une prise en charge intensive de plus de 3 heures par jour. Cependant, l’accès à cette forme de rééducation reste souvent négligé en pratique clinique avec des inégalités d’accès selon les groupes de patients.
L’un des auteurs principaux, Farhaan S. Vahidy, chercheur au TIRR Memorial Hermann, ajoute : « Suivre une rééducation intensive après un AVC, un traumatisme crânien ou une lésion médullaire peut améliorer la récupération, mais l’accès aux soins de rééducation hospitalière reste inégal. Globalement, un nombre insuffisant de patients reçoivent ce type de rééducation vs ceux qui en fait y sont éligibles ».
L’étude, menée auprès de 444.908 participants hospitalisés pour un AVC, un traumatisme crânien ou une lésion médullaire (respectivement 75 %, 24 % et 1 %), âgés en moyenne de 69 ans, analyse les orientations à la sortie d’hospitalisation et les déterminants de l’accès à la rééducation. L’analyse révèle que :
- à la sortie de l’hôpital, 22 % sont orientés vers un établissement de rééducation hospitalière intensive, 26 % vers des établissements de soins infirmiers spécialisés et 54 % rentrent à domicile ;
- seulement 22 % des participants avec AVC et 14 % de ceux avec traumatisme crânien sont orientés vers une rééducation hospitalière intensive, vs 44 % pour les lésions médullaires ;
- après ajustement pour les facteurs de confusion possibles, les personnes plus âgées (âge moyen 75 ans) ont 4 % plus de risque d’être orientées vers la rééducation hospitalière que les plus jeunes (âge moyen 63 ans) ;
- les femmes ont 19 % de probabilité de plus que les hommes d’accéder à la rééducation hospitalière intensive ;
- avoir une assurance privée et vivre dans les zones à revenus les plus élevés sont deux facteurs associés à une probabilité réduite de 12 % d’être orienté vers un établissement de rééducation institutionnelle.
Quelles implications ? Ces résultats soulignent la nécessité d’améliorer l’égalité d’accès à la rééducation intensive pour améliorer les résultats à long terme après un AVC, un traumatisme crânien et une lésion médullaire.
Source: Neurology Open Access June 10, 2026 DOI: NC Access to inpatient rehabilitation after stroke, traumatic brain injury and spinal cord injury: disparities by sex, race, insurance and income
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