
Le temps passé en extérieur est associé à des scores de dépression plus faibles et à une meilleure santé mentale, cet effet passerait-il, au moins un peu, par le microbiome nasal ? C’est ce que suggère cette étude préliminaire du Denver Museum of Nature & Science (Denver, Colorado), présentée à l’American Society for Microbiology (ASM) Microbe 2026. L’étude met ainsi en lumière le rôle d’un microbiome plus étudié pour son rôle dans les infections virales, cette fois comme médiateur des bénéfices de la nature sur la santé mentale.
De nombreuses études ont établi un lien entre l’exposition à la nature et des bénéfices de santé variés, de l’amélioration de la fonction cognitive à la réduction de la pression artérielle et à une meilleure santé mentale. D’autres recherches ont documenté des connexions entre le microbiome humain et le temps passé en extérieur. Le rôle du microbiome nasal, soit de l’ensemble des micro-organismes colonisant les voies nasales, reste sous-étudié dans cette relation.
L’un des auteurs principaux, Bridget Chalifour, chercheur en génomique au Denver Museum of Nature & Science, ajoute : « Les gens modifient leur microbiome simplement en passant plus de temps dans la nature. Les personnes qui passent plus de temps en extérieur, indépendamment de l’abondance de la verdure présentent des scores de dépression globalement plus faibles ».
L’étude, pilote est parmi les premières à examiner simultanément les associations entre l’exposition aux espaces verts, le temps passé en extérieur, la composition du microbiome nasal et le bien-être mental. Menée auprès de 111 participants ayant subi des prélèvements nasaux analysés par séquençage ARN et complété des questionnaires validés sur le bien-être mental, le temps passé en extérieur et la possession d’animaux de compagnie, l’analyse révèle que :
- l’exposition aux espaces verts et la compagnie d’animaux influence significativement la composition du microbiome nasal ;
- les participants vivant dans des environnements plus végétalisés présentent une plus grande diversité microbienne nasale, associée à un microbiome plus sain ;
- certains microbes apparaissent plus ou moins fréquemment selon l’abondance des espaces verts ;
- les microbes corrélés avec le temps passé en extérieur sont également associés à de meilleurs scores de santé mentale ;
- le temps passé en extérieur montre une association plus forte avec un microbiome nasal sain que la simple exposition aux espaces verts ;
- enfin, les participants passant plus de temps en extérieur, indépendamment de la verdure environnante, présentent des scores de dépression globalement plus faibles.
Quelles implications ? Ces résultats préliminaires suggèrent que
le microbiome nasal pourrait constituer un médiateur biologique des effets bénéfiques de la nature sur la santé mentale.
Ces travaux ouvrent ainsi une piste de recherche originale.
Source: Communication — ASM Microbe 2026, Washington D.C., 6 June, 2026 Green space exposure, mental health and the nasal microbiome
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