
Les vagues de froid augmentent le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque avec un retard de 3 à 5 jours, tandis que les pics de températures élevées ont des effets immédiats et dans les 3 jours, conclut cette analyse du Center for Climate, Health et de la Harvard T.H. Chan School of Public Health. Ces travaux, présentés dans le Journal of the American College of Cardiology ainsi qu’au Congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC), appellent, en médecine cardiovasculaire à combler le vide… météorologique.
En effet, les conditions météorologiques ont un impact reconnu sur la santé cardiovasculaire, leur exacerbation, avec le changement climatique, a donc des conséquences dans sa prise en charge. En particulier, dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque se caractérise par des décompensations, des épisodes de déstabilisation brutale qui conduisent à l’hospitalisation.
Identifier les déclencheurs environnementaux des événements cardiovasculaires permettrait d’anticiper.
Les pays nordiques constituent un terrain d’étude particulier : l’auteur principal, le Dr Wenli Ni, explique : « Les environnements de haute latitude se caractérisent par une exposition fréquente au froid, tout en faisant face à une vulnérabilité émergente et non acclimatée à la chaleur, au fur et à mesure que le climat mondial se réchauffe ».
Autrement dit, ces populations sont rompues au froid mais démunies face aux pics de chaleur.
L’étude, s’appuie sur le registre national suédois des patients et porte sur 482.000 hospitalisations pour insuffisance cardiaque entre 2006 et 2021. Les vagues de froid ont été définies comme au moins 2 jours consécutifs sous le cinquième centile des températures et les vagues de chaleur comme au moins 2 jours au-delà du quatre-vingt-quinzième centile. L’analyse des hospitalisations révèle que :
- les vagues de froid s’accompagnent d’un risque accru d’hospitalisation entre 2 et 6 jours après l’épisode, la significativité statistique étant atteinte entre 3 et 5 jours ;
- l’exposition à des températures basses en continu produit un effet comparable, entre 3 et 6 jours, significatif entre 3 et 5 jours ;
- l’exposition à des températures élevées est associée à un risque accru dans un délai bien plus court, de 0 à 3 jours ;
- aucune association n’apparaît en revanche entre les vagues de chaleur ainsi définies et les hospitalisations.
Quelles implications ? Ce décalage constitue le principal apport pratique. Le froid agit à retardement, ce qui laisse une fenêtre de plusieurs jours pour renforcer la surveillance des patients après une alerte.
La chaleur agit presque immédiatement, ce qui impose une prise en charge en urgence.
Cela implique aussi une surveillance renforcée des conditions météorologiques extrêmes.
« Nous ne pouvons plus pratiquer la médecine cardiovasculaire dans un vide météorologique », concluent les auteurs.
Après un coup de froid, la décompensation arrive avec plusieurs jours de retard. Ce n’est pas le cas en cas de coup de chaleur, la prise en charge doit être immédiate.
Source: JACC August 28, 2026 DOI: 10.1016/j.jacc.2026.07.008 Cold spells, heat waves, and non-optimal air temperature and risk of heart failure hospitalization in Sweden
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