
Ces modèles de xénogreffes dérivées de patients pourraient apporter une véritable révolution dans la recherche sur le cancer. Notamment, pour l’évaluation via des essais « précliniques » de nouveaux traitements potentiels avant même le lancement d’essais cliniques, chez des patients humains. Ces travaux, menés sur des modèles de cancer colorectal greffés ici chez la souris, publiés dans la revue Genes & Disease, apportent une toute nouvelle compréhension de la nature dynamique de l’évolution tumorale.
Le cancer colorectal est le 3è cancer le plus fréquent au monde et demeure une cause majeure de mortalité par cancer. C’est donc un excellent champ d’application de ces nouvelles technologies. En dépit de progrès considérables des stratégies thérapeutiques, la diversité génétique et la capacité d’adaptation du cancer colorectal et d’autres types de cancer limitent toujours considérablement l’efficacité des traitements.
Les modèles précliniques traditionnels, tels que les lignées cellulaires, peinent souvent à saisir la complexité des tumeurs humaines, ce qui limite leur capacité à prédire les résultats cliniques.
À l’inverse, les modèles de xénogreffes préservent le microenvironnement tumoral (MET), maintiennent la diversité clonale et reflètent les caractéristiques biologiques et pathologiques des tumeurs des patients. Ce niveau de fidélité est essentiel pour la découverte de médicaments et l’identification de biomarqueurs, ce qui rend
ces modèles de xénogreffes indispensables à la recherche translationnelle en cancérologie.
Les modèles de xénogreffes dérivées de patients chez des modèles animaux, s’imposent comme un outil révolutionnaire dans la recherche sur le cancer colorectal (CCR), offrant des perspectives inédites sur la biologie tumorale, la résistance aux médicaments et les approches thérapeutiques personnalisées. Ces modèles, créés par transplantation de tissu tumoral humain frais chez des souris immunodéficientes, reproduisent fidèlement les caractéristiques génétiques, histologiques et moléculaires des tumeurs d’origine. De ce fait, ils constituent des ressources inestimables pour l’étude de l’hétérogénéité tumorale et le développement de l’oncologie de précision.
Quelles applications ?
- L’une des principales applications de ces modèles réside dans les tests d’efficacité des médicaments. En corrélant les profils génétiques aux réponses aux médicaments, les chercheurs peuvent prédire la réaction d’un patient atteint d’un cancer à des traitements spécifiques. Cette capacité renforce l’approche de la médecine de précision, permettant des thérapies plus personnalisées et ciblées ;
- ces modèles apportent également des informations précieuses sur les mécanismes de résistance aux médicaments, un domaine d’importance croissante, car de nombreux patients développent une résistance à des thérapies initialement efficaces. Grâce à des études à long terme, ces modèles permettent, en effet, d’identifier les voies moléculaires qui permettent aux cellules cancéreuses d’échapper au traitement, orientant ainsi le développement des thérapies de nouvelle génération.
Quels défis ?
Le développement et le maintien de ces modèles présentent des défis importants. Le processus est long et laborieux, nécessitant la sélection d’échantillons tumoraux de haute qualité, une greffe minutieuse chez des souris immunodéficientes et un suivi rigoureux à long terme. De plus, la dérive génétique au fil des passages peut altérer les caractéristiques initiales de la tumeur, ce qui complique les études longitudinales. Malgré ces limitations, les progrès réalisés dans le domaine des souris modèles humanisées contribuent à surmonter ces obstacles, renforçant ainsi la pertinence du modèle pour la recherche en immunothérapie.
L’avenir de la recherche sur le cancer sera probablement marqué par un recours accru aux modèles wénogreffés. En reproduisant les réponses des patients en situation réelle, ces modèles contribuent au développement de thérapies anticancéreuses plus efficaces et plus durables et aident les chercheurs à mieux comprendre la nature dynamique de l’évolution tumorale.
Biblio:
- Genes & Disease Jan, 2026 DOI: 10.1016/j.gendis.2025.101634 Advancing cancer research: Cutting-edge insights from colorectal cancer patient-derived xenograft mouse models
- JAMA Oncology Dec, 2021 DOI : 10.1001/jamaoncol.2021.6987 Cancer Incidence, Mortality, Years of Life Lost, Years Lived With Disability, and Disability-Adjusted Life Years for 29 Cancer Groups From 2010 to 2019
- Tumor Markers and Signatures Aug, 2028 DOI : 10.1002/ijc.31767 Capturing colorectal cancer inter-tumor heterogeneity in patient-derived xenograft (PDX) models
- Gut June 2024 DOI : 10.1136/gutjnl-2023-331579 Opening the doors of precision medicine: novel tools to assess intestinal barrier in inflammatory bowel disease and colitis-associated neoplasia
- Biochimica et Biophysica Acta (BBA) – Reviews on Cancer Dec, 2028 DOI: 10.1016/j.bbcan.2018.06.004 Preclinical models for precision oncology

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