
Pour préserver la santé planétaire, il est un concept, ou un principe à ne pas oublier, celui de réciprocité entre les humains et la nature. Plusieurs équipes de chercheurs, biologistes, sociologues, philosophes se font les apôtres d’une relation bienveillante entre les individus et la nature et des effets positifs sur la planète et sur nos sociétés. Un concept décrypté donc par de récentes recherches, qui trouve déjà de multiples mises en pratique à travers le monde, démontrant déjà son impact sur la durabilité et le bien-être social.
Le contexte actuel pose question : si les activités humaines sont à l’origine du changement climatique global, nos sociétés actuelles sont loin d’être en mesure d’atténuer efficacement les effets sur l’environnement de l’industrialisation et du libéralisme. Cependant, peu à peu, et à la faveur de certaines cultures, de nombreuses pratiques culturelles existent, qui favorisent la réciprocité avec la nature et ouvrent des perspectives plus optimistes.
Promouvoir des modes de vie alternatifs apparaît comme l’une des clés qui « revient » dans ces initiatives de vie en réciprocité avec la nature. Ces modes de vie alternatifs sont documentés chez des peuples autochtones et locaux mais font aussi l’objet d’expériences dans nos sociétés plus industrialisées. Ces modes de vie supposent une culture de gratitude et de respect, et souvent vécue comme un devoir moral, avec, de surcroît des conséquences sociales et écologiques positives.
« Les humains peuvent bénéficier et prendre soin des écosystèmes et préserver laeur biodiversité »
Quelques exemples ? Les études de cas publiées sont très diverses, et comprennent, la gestion plus responsable des palmiers en Amazonie équatorienne, la protection et la cueillette de l’ormeau le long de la côte Pacifique Nord-Ouest de l’Amérique du Nord, ainsi que la construction de nids et la collecte d’œufs d’oiseaux marins en Estonie. Autant d’expériences qui peuvent sembler parcellaires mais qui abondent au développement de relations positives, réciproques et responsables entre les humains et non humains. La cueillette est organisée pour favoriser le partage communautaire au Cameroun, la création d’habitats spécifiques favorisant la reproduction des poissons au Chili et donc la ressource alimentaire, l’utilisation des déchets de poisson pour nourrir les oiseaux marins en Patagonie constituent des exemples de pratiques simples mais bénéfiques pour les populations et la planète.
Une nouvelle norme culturelle ? Il est clair que cette réciprocité contraste fortement avec les sociétés capitalistes mondialisées unilatérales, exploiteuses et axées sur la croissance et implique un gros effort transformation.
Mais elle emporte un avantage, celui de résultats souvent immédiats et durables à la fois.
Ainsi, nos sociétés pourraient rapidement percevoir l’avantage de modifier leur relation à leur environnement pour obtenir et tirer parti de ces résultats plus durables.
Sources :
- People and Nature 19 May, 2025 DOI: 10.1002/pan3.70036 Human-nature relationships through the lens of reciprocity: insights from Indigenous and Local Knowledge systems
- People and Nature 17 April 2025 DOI : 10.1002/pan3.70019 Stimulating reciprocity: How human–plant relations support Indigenous cultural revitalization and stewardship in the Ecuadorian Amazon
- People and Nature 19 May, 2025 DOI: 10.1002/pan3.70056 Cultivating reciprocity and supporting Indigenous lifeways through the cultural transformation of natural resource management in North America
- People and Nature 13 June 2024 DOI : 10.1002/pan3.10653 Cultural keystone species as a tool for biocultural stewardship. A global review

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