
C’est une totale remise en question des recommandations de pratique de l’exercice, au titre de la prévention cardiovasculaire, que ces conclusions d’une équipe de la Macao Polytechnic University (Chine) : pour maintenir une bonne santé et prévenir la maladie cardiovasculaire, il s’agirait en effet de pratiquer au moins 500 minutes d’activité physique par semaine. Cette analyse, publiée dans le British Journal of Sports Medicine, précise qu’atteindre une réduction supérieure à 30 % du risque cardiovasculaire requiert entre 560 et 610 minutes d’activité physique modérée à intense par semaine : soit 3 à 4 fois plus que le seuil recommandé.
Les recommandations internationales préconisent au moins 150 minutes par semaine d’activité physique modérée à intense pour les adultes. Ce seuil, adopté par l’OMS et la plupart des agences de santé publique, est présenté comme une cible universelle. Or, la capacité cardiorespiratoire — mesurée par le VO2 max, débit maximal d’oxygène consommé pendant un effort intense — varie considérablement d’un individu à l’autre et constitue l’un des prédicteurs les plus puissants de la santé cardiovasculaire.
Une faible capacité cardiorespiratoire est fortement associée à un risque accru d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral et de mortalité précoce.
La recherche précise même que les personnes les moins en forme devraient pratiquer encore plus pour obtenir le même bénéfice.
Les auteurs ajoutent : « Les futures recommandations devront peut-être différencier le volume minimal d’exercice modéré à intense requis pour une marge de sécurité, ainsi que les volumes plus élevés nécessaires pour une réduction optimale du risque cardiovasculaire ».
L’étude est la première à examiner simultanément l’effet du volume d’activité physique objectivement mesuré et du VO2 max estimé sur le risque cardiovasculaire au sein d’une large cohorte, en cherchant à définir des cibles d’exercice selon la condition physique. L’analyse est menée à partir des données de 17.088 participants, âgés en moyenne de 57 ans participant à la UK Biobank entre 2013 et 2015. Les données d’activité physique avaient été recueillies par accéléromètre porté au poignet pendant 7 jours consécutifs et le VO2 max par test à vélo. Le suivi a recensé 1.233 événements cardiovasculaires sur une période moyenne de 7,8 ans, dont 874 cas de fibrillation auriculaire, 156 infarctus du myocarde, 111 insuffisances cardiaques et 92 accidents vasculaires cérébraux. L’analyse révèle que :
- les adultes atteignant le seuil recommandé de 150 minutes par semaine obtiennent une réduction modeste de 8 à 9 % du risque cardiovasculaire, cohérente à tous les niveaux de forme physique ;
- atteindre une réduction substantielle du risque soit une réduction supérieure à 30 %, nécessite entre 560 et 610 minutes d’activité modérée à intense par semaine ;
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12 % seulement des participants atteignaient 560 minutes d’activité modérée à intense par semaine ;
- les personnes les moins en forme nécessitent environ 30 à 50 minutes supplémentaires par semaine vs participants très en forme pour obtenir les mêmes bénéfices cardiovasculaires ;
- pour atteindre une réduction de 20 % du risque, 370 minutes par semaine sont nécessaires pour les moins en forme et 340 minutes pour les plus en forme.
Quelles implications ? Ces résultats confirment que les recommandations actuelles constituent un minimum universel robuste, mais insuffisant pour une protection cardiovasculaire optimale.
Plus largement, ces données invitent à personnaliser la pratique de l’activité physique selon la condition cardio-respiratoire de chaque patient et rappellent que le seuil des 150 minutes hebdomadaires, s’il reste une base indispensable, ne suffit pas pour ceux qui visent une protection cardiovasculaire vraiment significative.
Source: British Journal of Sports Medicine May 19, 2026 DOI: 10.1136/bjsports-2025-111351 Cardiorespiratory fitness modifies the dose-response relationship between physical activity volume and cardiovascular risk: an observational study from the UK Biobank

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