
Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) est résolument lié aux troubles de santé mentale chez les personnes âgées, conclut cette étude d’une équipe de l’Université d’Ottawa. Les conclusions, publiées dans le JAMA Network Open, soulignent l’intérêt de stratégies intégrées de dépistage et d’intervention. En d’autres termes, la recherche et la prise en charge de ces conditions devraient s’effectuer simultanément.
Les troubles de santé mentale figurent parmi les principales causes de la charge mondiale de morbidité, les troubles anxieux et la dépression étant les plus fréquents. On sait que les personnes atteintes de troubles de santé mentale sont exposées à des risques accrus de maladies cardiométaboliques, d’invalidité et d’hospitalisations. Identifier les facteurs associés aux résultats de santé mentale demeure un objectif important de santé publique.
Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) est une condition fréquente mais reste sous-diagnostiquée. On estime ainsi que
le SAOS touche près de 940 millions de personnes dans le monde
et qu’environ 90 % des cas ne sont pas diagnostiqués. Le SAOS est caractérisé par un rétrécissement répété des voies aériennes supérieures pendant le sommeil, ce qui entraîne une fragmentation du sommeil, une activation du système nerveux sympathique et une hypoxémie intermittente Elle a été associée à des maladies cardiométaboliques et à une utilisation accrue des soins de santé. L’apnée du sommeil est pourtant une affection traitable, grâce à des thérapies efficaces et rentables, fondées sur des preuves qui peuvent réduire les symptômes et les risques à long terme.
En dépit de mécanismes plausibles liant l’apnée obstructive du sommeil et les troubles de la santé mentale, des études prospectives restent nécessaires pour estimer les associations temporelles entre ces 2 conditions, au cours du vieillissement.
L’étude vérifie si un risque élevé d’apnée du sommeil est bien associé à une augmentation du risque de troubles de santé mentale, à travers l’analyse des données d’une cohorte nationale de 30.097 participants d’âge mur et plus âgés. Cette analyse constate que :
- un risque élevé de SAOS est bien associé à une augmentation de 40 % du risque de troubles de santé mentale ;
-
cette association vaut tant au début de l’étude qu’au cours du suivi ;
-
au fil du suivi, le SAOS reste associé à une augmentation de 44 % d’un nouveau diagnostique de trouble mental.
Explication : en raison de l’hypoxémie et de la fragmentation du sommeil, un SAOS non traité peut être associé au développement et à la progression de troubles de santé mentale. Réciproquement, les troubles de santé mentale peuvent être associés à une augmentation du risque de SAOS via une prise de poids et une altération du tonus musculaire des voies aériennes supérieures due à un déséquilibre du système nerveux autonome et à des troubles neurologiques.
Ces données issues d’une large cohorte, mais qui confirment une association -et non une relation de cause à effet- soulignent la nécessité de stratégies intégrées de dépistage et d’intervention qui englobent donc, a minima, ces 2 types de conditions, soit les troubles du sommeil et les troubles de la santé mentale.
Source: JAMA Network Open 26 Dec, 2025 DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2025.49137 Obstructive Sleep Apnea Risk and Mental Health Conditions Among Older Canadian Adults in the Canadian Longitudinal Study on Aging
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