
Le dépistage par dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate) réduit probablement le risque de décès par cancer de la prostate, avec une réduction d’environ 2 décès pour 1.000 hommes dépistés, conclut cette nouvelle revue Cochrane menée par le Department of Urology de l’University of Minnesota (Minneapolis) et la Heinrich Heine University Düsseldorf (Allemagne). Cette nouvelle analyse marque un changement de position par rapport à la précédente revue, qui ne trouvait pas de preuve suffisante d’un bénéfice en termes de mortalité prématurée.
Le cancer de la prostate est l’un des cancers les plus fréquents chez les hommes. Le dépistage par PSA fait l’objet d’un débat persistant depuis des décennies : ses partisans soulignent la détection précoce de tumeurs traitables, ses opposants pointent le surdiagnostic résultant de l’identification de cancers non agressifs qui n’auraient jamais causé de symptômes, et le surtraitement associé, avec ses effets indésirables sur la qualité de vie (dysfonction sexuelle, incontinence urinaire, complications de la biopsie).
La précédente revue Cochrane, publiée sur le sujet en 2013, ne trouvait pas de réduction significative de la mortalité par cancer de la prostate.
Ce changement de conclusion est le résultat de nouvelles données de suivi suffisamment longues pour faire apparaître un bénéfice sur la mortalité, trop précoce jusque-là pour être détecté.
L’un des auteurs principaux, le Dr Juan Franco de l’Université de Düsseldorf, précise : « Nous voulons être clairs : ceci n’est pas un soutien général au dépistage universel. La décision doit toujours être prise entre un patient et son médecin, avec une compréhension complète
des bénéfices possibles et des risques très réels de surdiagnostic et de traitement inutile ».
L’étude, menée auprès de près de 800.000 participants issus de 6 essais contrôlés randomisés en Europe et en Amérique du Nord analyse ainsi l’impact du dépistage par PSA sur la mortalité par cancer de la prostate et sur l’incidence diagnostique. L’analyse révèle que :
- le dépistage par PSA réduit la mortalité par cancer de la prostate d’environ 2 décès pour 1.000 hommes dépistés,
-
soit 1 décès évité pour 500 hommes invités au dépistage ;
- ce bénéfice est estimé avec une certitude modérée et concerne les hommes disposant d’une espérance de vie suffisante ;
- le dépistage détecte environ 30 % de cancers supplémentaires, majoritairement à un stade précoce ;
- environ 36 cancers supplémentaires sont diagnostiqués pour 1.000 hommes dépistés, pour chaque 1 à 2 décès prévenus ;
- ces cancers supplémentaires incluent des tumeurs de bas grade susceptibles de ne jamais évoluer vers une maladie symptomatique.
Les essais inclus n’ont pas systématiquement évalué l’impact sur la qualité de vie et sur l’incidence des complications de biopsie, dysfonction sexuelle, troubles urinaires …
Quelles implications ? Le patient devrait être bien informé de toutes les implications du dépistage pour pouvoir prendre une décision éclairée avec son médecin.
L’étude soutient ainsi le dialogue médecin-patient, sans pour autant justifier un programme de dépistage universel tant que le rapport bénéfice-risque individuel n’a pas été soigneusement évalué.
Source: Cochrane Database of Systematic Reviews May 14, 2026 DOI : 10.1002/14651858.CD004720.pub4 Prostate-specific antigen (PSA)-based screening for prostate cancer: updated Cochrane systematic review
Plus sur le Cancer de la prostate

Commentaires récents