
C’est l’un des domaines les plus en pointe et les plus en progrès, celui des capteurs flexibles, presque invisibles. Ici, ce sont des électrodes ultrafines, invisibles à l’œil comme au toucher, qui permettent d’enregistrer les signaux biologiques du visage sans que le porteur ni son entourage ne les remarquent. Une prouesse d’une équipe de bioingénieurs de l’Institute of Industrial Science de l’University of Tokyo, documentée dans la revue Science Advances, et qui surprend par ses seulement 200 nanomètres d’épaisseur.
Les capteurs de santé portables se banalisent, mais leur port reste inconfortable. C’était peut-être le principal défi à relever. A supposé qu’ils doivent être fixés sur le visage, ils attirent le regard, accentuent la gêne de celui qui les porte et finissent par influencer les signaux mêmes que l’on cherche à mesurer.
Ce phénomène désigné sous le terme « d’apparence des artefacts »,
ou des modifications du comportement ou de l’état psychologique provoquées par le seul fait de porter un dispositif visible de tous.
Les biosignaux du visage recèlent une information précieuse.
Mouvements oculaires (eye-tracking), activité des muscles faciaux, activité cérébrale : autant de données utiles au suivi de santé et à l’interaction homme-machine. Encore faut-il pouvoir les capter dans des conditions naturelles, sans que l’instrument de mesure ne perturbe l’objet mesuré.
L’un des auteurs principaux, le Dr Naoji Matsuhisa, chercheur à l’Institute of Industrial Science, rappelle l’enjeu : « Pour intégrer véritablement l’électronique portable dans la vie quotidienne, elle doit s’effacer à l’arrière-plan. Les gens doivent pouvoir porter des capteurs sans se sentir observés, jugés ou mal à l’aise ».
Quand l’électronique portable disparaît littéralement dans la peau
L’étude est menée sur des électrodes cutanées fines et extensibles appliquées sur le visage : le dispositif associe un film élastique ultrafin d’environ 200 nanomètres d’épaisseur à des nanofils conducteurs transparents. L’ensemble épouse l’aspect et la texture de la peau naturelle, réduit les reflets et supprime le rendu brillant qui trahit habituellement l’électronique portable. Le dispositif soumis à des tests de détection, par les porteurs eux-mêmes et par des observateurs extérieurs, semble passer inaperçu. Précisément, ces tests révèlent que :
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ni les porteurs ni les observateurs extérieurs ne parviennent à détecter les électrodes à la vue comme au toucher ;
- les dispositifs restent confortables et respirants à l’usage ;
- ils fonctionnent sur une large gamme de carnations et de morphologies faciales ;
- les électrodes enregistrent avec succès les signaux issus des mouvements oculaires ;
- elles captent également les signaux d’électromyographie, issus des muscles du visage ;
- et les signaux d’électroencéphalographie, reflets de l’activité cérébrale ;
- pour plusieurs types de signaux, la qualité mesurée dépasse celle obtenue avec les électrodes gel classiques, grâce à une impédance cutanée plus faible.
Quelles implications ? Sont d’ores et déjà envisagées, des applications dans le suivi discret de l’état émotionnel et de la fonction cognitive, ainsi que de nouveaux modes de commande d’appareils ou de systèmes de réalité virtuelle par les mouvements oculaires et les expressions faciales.
« En créant une électronique portable à la fois pleinement fonctionnelle et effectivement invisible, nous nous rapprochons d’un avenir où le suivi de santé et l’interaction homme-machine s’intègrent de manière totalement transparente à la vie de tous les jours ».
Source: Science Advances July 15, 2026 DOI: 10.1126/sciadv.aee6417 Reduction of appearance artifacts in wearable on-skin electronics
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