
12 à 15 fois supérieur – et non 20 à 30 fois comme estimé depuis 30 ans- conclut cette méta-analyse de 21 études cas-témoins qui révise ainsi à la baisse l’estimation du risque d’Alzheimer associé à la variante APOE-ε4. Ces conclusions d’une équipe de chercheurs de la Niigata University (Japon), qui portent sur des participants japonais, publiée dans la revue Molecular Neurodegeneration, abutissent ainsi à un risque équivalent à celui rapporté dans les populations d’ascendance européenne et chinoise.
L’APOE est le facteur de risque génétique le plus fort de la maladie d’Alzheimer à début tardif.
Les porteurs homozygotes (2 variantes similaires) de l’allèle ε4 (génotype ε4/ε4) présentent un risque particulièrement élevé. En 1997, une méta-analyse internationale de référence (Farrer et al., JAMA) avait rapporté un risque plus de 30 fois supérieur pour les homozygotes ε4 japonais vs le génotype ε3/ε3, une estimation largement citée depuis près de 30 années.
Depuis de nombreuses études cas-témoins supplémentaires ont été publiées, qui remettent en question ce multiplicateur.
L’un des auteurs principaux, Akinori Miyashita, professeur à la Niigata University rappelle : « Le génotype ε4/ε4 reste un facteur de risque génétique très fort pour la maladie d’Alzheimer dans nos populations japonaises. Cependant, nos résultats indiquent que le risque n’est pas aussi extrême ».
Des données fiables sur le risque génétique
L’étude est une revue systématique et une méta-analyse de 21 études cas-témoins japonaises, combinant les données disponibles pour estimer le risque d’Alzheimer associé au génotype APOE ε4/ε4 vs ε3/ε3 en population japonaise. L’analyse révèle que :
- le génotype APOE ε4/ε4 est associé à une augmentation du risque d’Alzheimer d’environ 12 à 15 fois vs l’estimation de plus de 20 à 30 fois prise en compte depuis 1997 ;
- indépendamment de cette révision du niveau de risque, le génotype APOE ε4/ε4 reste toujours l’un des facteurs de risque génétiques de maladie d’Alzheimer ;
- le risque observé dans les populations japonaises est tout à fait comparable aux estimations rapportées pour les populations d’ascendance européenne et chinoises ;
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enfin, porter le variant APOE-ε4 n’implique pas systématiquement le développement de la maladie d’Alzheimer,
- de nombreux facteurs environnementaux et liés au mode de vie contribuant également au risque.
Quelles implications ? Cette réévaluation fournit une base actualisée pour l’évaluation du risque génétique et les futures études de prévention de la maladie d’Alzheimer dans les populations quelle que soit l’ascendance.
La révision à la baisse de l’estimation ne diminue pas le caractère de facteur de risque majeur du génotype ε4/ε4, mais affine son ampleur, en particulier pour la population japonaise.
Source: Molecular Neurodegeneration June 29, 2026 DOI: 10.1186/s13024-026-00963-z Reappraisal of APOE-ε4 homozygosity and Alzheimer’s disease risk in the Japanese population: a meta-analysis of 21 case-control studies
- Plus sur : La Maladie d’Alzheimer
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