
L’analyse unicellulaire post-mortem de cerveaux de patients parkinsoniens révèle que si la maladie de Parkinson déclenche des réponses au stress communes aux 2 sexes, des différences significatives d’activité génique, entre les hommes et les femmes, existent dans les astrocytes (gènes mitochondriaux) et les oligodendrocytes (gènes de la myéline). Ces travaux, menés à la Saarland University (Allemagne), présentée au FENS Forum 2026, contribuent à expliquer pourquoi la maladie de Parkinson est 1,5 à 2 fois plus fréquente chez les hommes.
La maladie de Parkinson touche environ 9,4 millions de personnes dans le monde et
La maladie de Parkinson est 1,5 à 2 fois plus fréquente chez les hommes,
qui connaissent également une progression plus rapide des troubles cognitifs et fonctionnels. Si des facteurs génétiques, environnementaux et hormonaux ont été évoqués, les mécanismes biologiques précis expliquant cette disparité sexuelle restent mal caractérisés. La plupart des études regroupent hommes et femmes dans leurs analyses, ce qui a toujours masqué ces différences biologiques.
L’un des auteurs principaux, Julia Schulze-Hentrich, professeur de génétique, d’épigénétique à la Saarland University, résume :« La prévalence plus élevée de la maladie de Parkinson chez les hommes suggère que la biologie sexo-dépendante peut influencer la vulnérabilité. Étudier les différences sexuelles peut aider à identifier des mécanismes de la maladie qui seraient cachés dans des analyses qui regroupent hommes et femmes ensemble. Nos résultats indiquent qu’il est crucial de reconnaître que la biologie varie entre les sexes dans la recherche sur Parkinson et que les chercheurs devraient analyser les données séparément chez les femmes et les hommes ».
L’étude analyse des échantillons cérébraux post-mortem de 73 participants atteints de Parkinson (28 femmes, 45 hommes) et 24 témoins (9 femmes, 15 hommes) et se concentre sur l’expression génique dans toutes les cellules cérébrales, neurones, astrocytes, oligodendrocytes et microglies, dans 5 régions cérébrales, séparément chez les hommes et les femmes. L’analyse révèle que :
- la maladie de Parkinson induit des changements communs dans toutes les cellules cérébrales des 2 sexes, et provoque notamment l’activation de chaperonnes protéiques répondant au stress des protéines endommagées ;
- dans les astrocytes, l’activité des gènes liés aux mitochondries (productrices d’énergie) diffère significativement entre les sexes ;
- dans les oligodendrocytes, l’activité des gènes impliqués dans la fabrication et le maintien de la myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses, diffère également entre les sexes ;
- ces différences d’expression génique gliale s’observent indépendamment de la région cérébrale analysée ;
- de précédentes recherches de la même équipe avaient trouvé que les femmes avec Parkinson précoce présentent des modifications de méthylation de l’ADN dans 69 régions du génome vs seulement 2 chez les hommes.
Quelles implications ? Ces résultats soutiennent une approche de médecine personnalisée intégrant le sexe comme variable biologique dans la recherche et la prise en charge de la maladie de Parkinson,
avec des implications possibles pour la prédiction des symptômes, la surveillance précoce et le choix thérapeutique.
Source: FENS Forum (International Neuroscience Conference) 2026, 9 July, 2026 Sex differences in glial cells contribute to the molecular etiology of Parkinson’s disease
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