
La peur et la douleur liées aux injections vaccinales peuvent être réduites par des mesures simples et validées, rappelle cette recommandation de pratique clinique actualisée, coordonnée par une équipe de médecins de l’Université de Toronto et l’Hôpital pour enfants SickKids. Cette recommandation, publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) présente un éventail d’options organisées en 5 axes, en laissant à chaque personne, patient ou parent ou…médecin le choix de ce qui lui convient.
L’un des auteurs principaux, le Dr Anna Taddio, de la faculté de pharmacie de l’Université de Toronto, pose le constat : « La peur et la douleur, réunies sous le terme de détresse, comptent parmi les effets négatifs les plus fréquents des injections vaccinales ».
Elle souligne le paradoxe : « La recherche montre qu’il existe des moyens efficaces de réduire cette détresse face à la vaccination, mais ces stratégies ne sont toujours pas intégrées en routine aux programmes et aux pratiques de vaccination, alors même que les recommandations cliniques les préconisent ».
Ce texte actualise des recommandations publiées en 2015.
Il s’adresse aux soignants qui vaccinent, aux organisations proposant la vaccination, ainsi qu’aux personnes vaccinées et à leur entourage.
5 axes d’intervention
Les auteurs proposent des interventions fondées sur les preuves, réparties en 5 axes :
- l’organisation : former l’ensemble des acteurs, des gestionnaires aux personnes vaccinées, aux interventions réduisant la détresse, et veiller à leur mise en œuvre ;
- la technique d’injection : adopter des méthodes limitant la détresse, comme les injections rapides ;
- les mesures physiques chez le nourrisson de 12 mois ou moins : allaitement ou biberon pendant l’injection, solutions sucrées ou tétine ;
- les mesures pharmacologiques : anesthésiques locaux appliqués sur le site d’injection, à tout âge ;
- les mesures psychologiques : distraction par les jouets et le chant chez le nourrisson, par la musique, les écrans, les jeux ou les jouets chez l’enfant plus grand et même chez l’adulte.
Chacun peut choisir sa stratégie : la recommandation insiste sur un principe : la personne vaccinée, ou son entourage, choisit l’option qui lui convient le mieux. Ce choix s’organise autour d’un outil élaboré par plusieurs des auteurs, fondé sur 4 temps :
- confort,
- questions,
- détente,
- distraction.
Ce « guide » invite à anticiper la façon dont on souhaite vivre l’injection, avant et pendant celle-ci.
Il s’agit, écrivent les auteurs, de « faire de la vaccination une expérience plus positive, de réduire la peur et d’aider les patients à se sentir plus à l’aise pour se refaire vacciner à l’avenir ».
Quelles implications ?
L’enjeu dépasse le confort du moment.
Une expérience douloureuse ou angoissante nourrit la peur des aiguilles, laquelle constitue un frein à la vaccination future, chez l’enfant comme chez l’adulte.
L’intérêt pratique est immédiat : la plupart de ces mesures sont simples, peu coûteuses et applicables dès la prochaine consultation. Allaiter ou donner le biberon pendant l’injection, appliquer une crème anesthésiante une heure avant, proposer une distraction adaptée à l’âge : autant de gestes dont l’efficacité est documentée.
Une injection moins redoutée aujourd’hui, c’est une vaccination plus facile demain.
Source: Canadian Medical Association Journal September 21, 2026 DOI: 10.1503/cmaj.260123 Reducing distress during vaccine injections: 2026 clinical practice guideline update
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