
L’obésité a aussi un impact indirect sur sa propre prise en charge ainsi que sur la recherche de soins de santé en général et de soutien, relève cette étude menée à l’Université Anglia Ruskin (ARU, Cambridge). La recherche révèle que les personnes souffrant d’obésité craignent de se sentir jugées ou discriminées par les professionnels de santé en raison de leur surpoids, ce qui les rend réticentes à chercher de l’aide. L’étude, publiée dans la revue PLoS One met ainsi en lumière un « nouveau » facteur d’inégalités de santé et cherche à sensibiliser les professionnels de santé, dans un contexte où au moins un patient sur 5 est en surpoids.
Cette recherche met aussi en évidence la nécessité d’une sensibilisation accrue des professionnels de santé à cet accompagnement crucial des personnes obèses, en particulier à l’âge avancé. Les auteurs appellent à mieux former les professionnels à cette prise en charge via l’élaboration de plans de soins qui abordent les obstacles spécifiques auxquels ce groupe est confronté, et à mieux lutter, y compris au sein de la profession, contre les préjugés liés au poids.
L’étude qualitative est basée sur des entretiens approfondis avec 33 participants âgés et souffrant d’obésité, qui ont partagé leurs expériences et leurs besoins en matière de prise en charge médicale et sociale. L’analyse met en lumière les lacunes de prise en charge associées à l’obésité :
- la crainte de demander de l’aide ;
- la crainte du regard des autres, y compris des professionnels de santé ;
- des obstacles physiques : les équipements et les installations de soins standard sont souvent inadaptés aux personnes en surpoids ;
- un sentiment d’isolement et une perte d’estime de soi liée à cette combinaison de limitations physiques et de la stigmatisation sociale ;
- des difficultés financières liées à de plus grandes difficultés d’emploi ;
- des besoins de santé non satisfaits principalement liés à la détresse émotionnelle, notamment au stress, à la frustration, à la discrimination sociale, à l’isolement, au sentiment d’être un fardeau, à l’incapacité d’effectuer un certain nombre d’activités et de loisirs.
L’équipe propose un nouveau cadre visant à comprendre les besoins de soins non satisfaits des patients obèses. En sensibilisant les professionnels à ces obstacles et à ces frustrations, les auteurs espèrent pouvoir réduire toute discrimination dans les soins, améliorer la planification des soins de santé et des services sociaux et identifier les mesures préventives les plus efficaces pour lutter contre cette inégalité d’accès aux soins.
Une approche plus holistique s’impose pour ce groupe de patients,
qui intègre inclusive des services le soutien social et psychologique.
L’auteur principal, le Dr Gargi Ghosh, maître de conférences à l’École d’infirmières et de sage-femmes de l’ARU, conclut : « Les personnes obèses sont confrontées à des difficultés particulières pour accéder à des services sociaux adapté, en particulier lorsqu’elles sont âgées. Malgré les inquiétudes croissantes concernant l’impact de l’obésité sur la santé, son influence sur les besoins en services sociaux de ce groupe démographique reste sous-estimée et sous-explorée ».
Source: PLOS One March, 2025 DOI: 10.1371/journal.pone.0320253 A qualitative study to examine hidden care burden for older adults with overweight and obesity in England
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