PALUDISME: Un nouveau composé pour éliminer les globules rouges infectés – PNAS

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Ce composé prometteur mis au point au St. Jude Children’s Research Hospital pourrait permettre d’éradiquer rapidement le parasite du paludisme, selon cette collaboration internationale de chercheurs qui publient dans les Actes de l’Académie des Sciences. Ce composé, encore expérimental et nommé (+)-SJ733 induit une réponse immunitaire dirigée uniquement vers les globules rouges infectés par le parasite et qui laisse indemne les cellules saines.

 

Le paludisme est causé par un parasite se propager par la piqûre d’un moustique infecté. La maladie reste une menace majeure de santé  pour plus de la moitié de la population mondiale et en particulier pour les enfants. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’en Afrique, chaque minute, un enfant meurt du paludisme.

 

(+) – SJ733 est l’aboutissement de plusieurs recherches menées au St. Jude Hospital. Le composé utilise un mécanisme qui vient à bout du parasite en induisant une réponse du système immunitaire ciblée sur les globules rouges infectés par le paludisme. Les chercheurs montrent ici, sur un modèle souris du paludisme, qu’une dose unique de (+) – SJ733 élimine 80% des parasites du paludisme en 24 heures seulement. Après 48 heures, le parasite devient indétectable.

 

Quel processus d’action ? En effectuant le séquençage complet du génome du Plasmodium falciparum, le plus meurtrier des parasites du paludisme, l’équipe montre que (+) – SJ733 perturbe l’activité d’une protéine, ATP4, dans les parasites. Or cette protéine fonctionne comme une pompe qui permet aux parasites de maintenir l’équilibre en sodium nécessaire à leur survie. Ensuite, les chercheurs montrent que l’inhibition de ATP4 va déclencher une cascade de changements dans les globules rouges infectés par le paludisme qui les marque en tant que cibles pour le système immunitaire. Ces globules infectés changent de forme et leur taille diminue, ils deviennent plus rigides et présentent des signes typiques de vieillissement. Tous ces indices déclenchent une réponse du système immunitaire. Les données de laboratoire indiquent également que la vitesse et le mode d’action du composé supprime le développement de parasites résistants aux médicaments. Or la résistance aux médicaments est l’un des défis majeurs de la lutte contre le paludisme.

 

Il se trouve qu’une autre classe de composés antipaludiques déclenche ces mêmes changements dans les globules rouges infectés par le parasite du paludisme. Il s’agit des spiroindolones, des médicaments qui ciblent également la protéine ATP4 et qui sont déjà en cours d’essais cliniques. Bref,

ATP4 apparaît comme une cible prometteuse pour de nouveaux traitements, d’autant que les données de laboratoire suggèrent également que ce mécanisme via ATP4 peut ralentir et empêcher le développement de souches résistantes.

Des essais de phase I du nouveau composé (+) – SJ733 sont déjà programmés.

 

N.B. Ces essais sont dirigés par un consortium de recherche dont l’équipe de St. Jude et soutenus par le laboratoire japonais Eisai Co.

 

Source: Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) Dec, 2014 doi: 10.1073/pnas.1414221111 (+)-SJ733, a clinical candidate for malaria that acts through ATP4 to induce rapid host-mediated clearance of Plasmodium

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