SANTÉ BUCCODENTAIRE: Le revenu fait le nombre de dents – Journal of Dental Research

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Ce lien fort entre la santé bucco-dentaire et concrètement le nombre de dents, et le niveau socio-économique révélé par cette étude britannique confirme, dans la lignée d’un report de soins de plus en plus fréquent pour des raisons économiques, que la santé dentaire, comme la santé des yeux, ne peut plus faire partie des priorités sanitaires d’une grande partie de la population.  » 8 dents d’écart  » entre les 20% de personnes aux revenus les plus faibles et les plus élevés, c’est en synthèse, la conclusion de cette enquête présentée dans le Journal of Dental Research.

 

Car l’étude est large puisque basée sur une enquête de santé nationale, représentative de la population adulte britannique. Si la conclusion d’une moins bonne santé bucco-dentaire avec de faibles revenus ne surprend pas en soi, cet écart de 8 dents entre les 20% les plus pauvres de la population et les 20% les plus aisés est frappant. Ensuite, la question essentielle est de savoir si cette différence pourrait être évitable, une question posée ici par les auteurs, d’autant qu’à une mauvaise santé bucco-dentaire sont associées de nombreuses comorbidités allant de la malnutrition à l’obésité.

 

Les chercheurs de l’Université de Newcastle et de l’University College London ont analysé les données de 11.380 adultes âgés de plus de 21 ans – dont 6.469 ayant subi un examen bucco-dentaire- , participant à la l’UK adult dental health survey (2009), afin d’étudier les inégalités à l’aide de divers indicateurs de santé bucco-dentaire et socio-économiques. Ainsi, les différents critères de santé bucco-dentaire pris en compte étaient la présence de carie(s) dentaire(s), l’existence de dents non récupérables, cariées, absentes ou obturées, l’existence d’une poche parodontale, le nombre de dents naturelles.

L’analyse montre que les inégalités de santé bucco-dentaire liées au statut socio-économique sont largement confirmées. Ainsi, les mauvais (pires) résultats sont identifiés en cas de,

·         faible revenu,

·         catégorie professionnelle inférieure,

·         faible niveau d’étude.

         La présence de carie(s) dentaire(s) et l’existence de plus d’une dent ne pouvant plus être restaurée sont fortement associées au revenu,

         la présence de dents avec des poches parodontales importantes et une globalement mauvaise santé bucco-dentaire sont plus faiblement liées au revenu.

         Les personnes parmi les 20% les plus pauvres ont, en moyenne, 4,5 dents moins que les personnes les plus riches,

         ce résultat atteint 8 dents d’écart chez les plus âgés.

 

Ainsi, les inégalités de santé bucco-dentaires liées aux revenus sont flagrantes même si elles se manifestent de différentes façons dans les différents groupes d’âge. Il s’agit donc de cibler les actions spécifiquement. Ensuite, les facteurs d’inégalité en matière de santé buccodentaire ne se résument pas à l’accès et au coût des soins, et c’est toute la question posée à la lecture des données de cette étude. Les auteurs évoquent la prévention du risque bucco-dentaire, mais aussi certaines croyances qui peuvent dissuader d’aller consulter ou l’environnement de vie et l’entourage. L’éducation et la zone de résidence sont également des facteurs influents.

 

Source: Journal of Dental Research October 24 2014 doi: 10.1177/0022034514553978  The Interplay between Socioeconomic Inequalities and Clinical Oral Health

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