GASTRO-ENTÉRITE: Ils réussissent à cultiver des novovirus humains – Science

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Il n’y a toujours pas de médicaments pour les combattre. Pourtant les novovirus sont l’une des causes virale les plus communes de diarrhée et de vomissements. Jusque-là les scientifiques se heurtaient à un défi, cultiver des norovirus humains afin de pouvoir tester de nouveaux traitements. Les chercheurs de l’Université de Floride relèvent aujourd’hui le défi et ouvrent, avec leur recherche présentée dans la revue Science, la voie au développement d’antiviraux et de vaccins.

 

Les norovirus sont la principale cause de gastro-entérite virale dans le monde, entrainant plus de 1 million d’hospitalisations et plus de 200.000 décès par an. Généralement de retour en force à l’automne, les novovirus sont des virus intestinaux dangereux, présents dans les selles ou les vomissures des personnes infectées, qui touchent tous les groupes d’âge et se propagent très rapidement dans les lieux de rassemblement comme les écoles ou les hôpitaux. Ce sont des virus très contagieux, mais la maladie est généralement bénigne et les personnes atteintes, en général, se rétablissent complètement d’ici deux à trois jours.

 

Les Prs Stephanie Karst et Melissa Jones de l’UF rappellent que la recherche sur le norovirus, un virus découvert il y a 50 ans, s’est toujours heurtée à l’impossibilité de cultiver des souches humaines en laboratoire et donc d’étudier comment le virus se reproduit, de tester de nouveaux médicaments ou de développer des vaccins à partir de virus vivants. Jusque-là, les scientifiques pensaient que les norovirus ciblent principalement les cellules épithéliales intestinales qui tapissent l’intestin et le protègent contre les agents pathogènes. Ici, l’équipe montre que le virus cible les cellules B, un type de globule blanc commun dans l’intestin.

 

Le norovirus humain peut infecter les cellules B in vitro : Les chercheurs constatent que les bactéries commensales, présentes dans la flore intestinale, aident le norovirus humain à infecter les lymphocytes B. Alors que les norovirus ont besoin d’un type particulier de glucides pour infecter les globules, les chercheurs montrent qu’ils s’attachent à ce glucide exprimé sur les bactéries commensales et que cette interaction stimule l’infection virale des lymphocytes B. Cette action des bactéries qui favorise la réplication virale était peut-être le chainon manquant.

Ce mécanisme va maintenant être exploité pour étudier la réplication du norovirus et évaluer l’efficacité de nouveaux traitements en développement.

 

Des virus qui exploitent les bactéries intestinales : Mais, commentent les auteurs, les novovirus ne seraient pas les seuls virus à exploiter les bactéries intestinales : De nombreuses infections virales sont renforcées par la présence de certaines bactéries intestinales. Cette recherche ajoute ainsi encore à la preuve du rôle important du microbiote dans le développement de l’infection, dont l’infection à VIH, de certaines maladies métaboliques ou troubles du comportement alimentaires. Des études, de plus en plus nombreuses, associent ainsi certaines familles ou combinaisons de bactéries à différents troubles ou conditions.

 

Source: Science 7 November 2014 DOI: 10.1126/science.aaa0607 Leaping the norovirus hurdle

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