TDAH: Troubles de l'attention, un effet possible de la pollution? – PLoS ONE

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Les troubles de l’attention sont-ils significativement liés à l’exposition in utero et précoce de l’enfant à la pollution?  Cette petite étude américaine, publiée dans PLoS ONE, est de nature à rassurer les mamans, car elle n’identifie en fait pas de lien significatif entre l’exposition durant la grossesse à la pollution et le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), juste une tendance avec les modifications ADN de la mère liés à l’exposition à la pollution.

 

Les chercheurs de l’Université de Columbia ont travaillé à partir des données d’une étude de cohorte américaine portant sur une association éventuelle entre les symptômes du TDAH chez les enfants et l’exposition maternelle aux HAP durant leur grossesse. Ils rappellent que les HAP sont des polluants atmosphériques toxiques libérés lors de la combustion incomplète des combustibles et donc produits par la circulation et le chauffage domestique.

·         Or, de précédentes études ont suggéré que les fœtus et les enfants en développement sont sensibles aux HAP et autres polluants avec, en particulier un risque accru de troubles du comportement et d’autisme.  

·         Une première analyse des données de la même cohorte avait également déjà conclu à l’association entre l’exposition aux HAP avant la naissance et un retard de développement à 3 ans, un Q.I. réduit à 5  et des symptômes d’anxiété, de dépression et des problèmes d’attention à 6-7 ans.

Avec cette nouvelle analyse, les chercheurs ont regardé l’association avec le TDAH à l’âge de 9 ans chez 250 enfants afro-américains et dominicains résidant dans 3 banlieues de New York, nés de mères femmes âgées de 18 à 35 ans, non-fumeuses et ne prenant aucune substance ou médicament.

Les concentrations d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) avaient été mesurées à la fois dans les échantillons d’ADN de la mère (Visuel 1) et du sang de cordon prélevés à la naissance (Visuel 2). Les troubles du comportement ont été évalués à l’aide de 2 échelles reconnues.

Des données peu concluantes : L’analyse constate que :

·         tous les scores sont significativement associés au niveau de modification de l’ADN par les HAP, dans le sang maternel. Ainsi, en comparaison de niveaux faibles de HAP, les enfants nés de mères ayant des niveaux élevés de modification de l’ADN liée aux HAP présentent un risque accru de scores « modérément à fortement atypiques » sur l’échelle d’inattention, sur le score  » total symptômes  » de TDAH, mais pas sur le symptôme  » hyperactif  » ou  » impulsif « .

·         Globalement, l’association HAP dans le sang de la mère et risque de TDAH pour l’enfant n’est pas significative,

·         De la même manière, l’association HAP dans le sang de cordon et risque de TDAH pour l’enfant n’est pas significative.

 

Juste une tendance… Ainsi, il pourrait y avoir une tendance à l’association entre l’exposition in utero à ce type de pollution et le développement de troubles du comportement chez l’enfant, mais ces nouvelles données ne peuvent être considérées comme significatives et n’apportent aucune preuve concluante. De plus, l’échantillon de l’étude est relativement faible. La seule association identifiée entre les symptômes du TDAH et les niveaux de modification (épigénétique) de l’ADN par les HAP dans le sang maternel au moment de la naissance pourrait être imputable, aussi, à d’autres facteurs socio-économiques  ou de mode de vie.

 

Source: PLOS One November 5 2014 DOI: 10.1371/journal.pone.011167 Early-Life Exposure to Polycyclic Aromatic Hydrocarbons and ADHD Behavior Problems

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