PROJET de LOI SANTÉ : Démolition de la médecine libérale – UFML

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Voilà deux ans que l’UFML ferraille dur pour réveiller les consciences et rendre aux médecins dignité et courage. Notre pire ennemi, sans conteste, est la Bien Pensance sincère ou prétendue mais qui nous conduit à ce désastre imminent qu’est la disparition de la médecine telle que nous la connaissions, la médecine de proximité, la médecine humaine.

Pendant plus de trente années, tandis que la progression des connaissances rendait études et pratiques toujours plus exigeantes, la Bien Pensance s’empara de la santé dans ses champs juridiques, moraux, éthiques, sociaux, et livra son organisation et sa gestion à la puissance publique. Le soin sortit alors du domaine de l’expert qu’est le praticien, pour tomber dans celui du politique, sociologue et surtout financier.

On pourrait débattre des heurs sur les tenants et aboutissants de cette transformation, sa légitimité, mais l’histoire ne retient toujours que les bilans.

CaptureAujourd’hui, il est le suivant : une profession atomisée, entretenue par des syndicats vieillissants dans une sorte de lutte des classes archaique entre généralistes et spécialistes, secteurs 1 et secteurs 2, une démographie médicale de praticiens soignants et actifs en chute libre, une moyenne d’âge de 55 ans, des horaires de travail à plus de 50 heures par semaine, croissant pour maintenir un pouvoir d’achat menacé comme partout, moins de 10% des jeunes qui s’installent, des établissements de soin gigantesques déficitaires devenus lieux de pouvoir administratif, des déserts pas plus médicaux que commerciaux ou industriels.

Mais voilà que, non contents de prétendre faire porter ce bilan par ceux-là mêmes qui en sont les victimes, les médecins libéraux, on envisage sans vergogne de leur faire aussi porter le poids de la crise, de l’augmentation de la pauvreté, des difficultés des handicapés à accéder à un monde qui n’avait pas été pensé pour eux du prix des médicaments etc… la liste s’allonge chaque jour.

Comment et pourquoi en est on arrivés là ?

Depuis 30 ans, décideurs et intellectuels de tout poil ont confisqué aussi jour après jour liberté et indépendance et s’adressent à la profession par injonctions : injonctions sociales avec un blocage tarifaire trouvant son expression la plus aboutie dans « l’accès aux soins », injonctions juridiques avec multiplication des mises en cause, injonctions d’efficience importées de modèles commerciaux et financiers, injonctions démagogiques prétendant partager la lourde tache décisionnelle avec les patients, injonctions scientifiques (ou pas) avec des recommandations bien trop souvent soufflées par l’industrie pharmaceutique ou les intérêts politiques du moment, injonctions moralisatrices sur un statut de « privilégié » qui n’en finit pourtant plus de se dégrader autant qu’augmente le nombre d’heures travaillées.

Mais le pire n’est pas là.

Le pire est l’injonction la plus liberticide et mortifère qui soit, l’injonction qui est le maître-mot de nos leaders syndicaux signataires compulsifs : l’obéissance.

Cette injonction permanente qui doit réduire nos appétits aux changements et nous faire admettre toutes les défaites, tous les renoncements aux combats, cette injonction qui nous a fait baisser la tête pendant 30 ans, au point de voir le revenu des généralistes français le plus bas d’Europe, 4 fois moindre que les suisses ou les québécois, une médecine où l’obéissance compte davantage que la compétence et où les sanctions les plus lourdes concernent des délits statistiques.

Aujourd’hui, nous avons atteint la limite du système. Il est près d’imploser car incapable de se réformer en profondeur, et les syndicats demandent encore et toujours à négocier à l’intérieur même de ce système agonisant.

C’est impossible.

Notre devoir est de refuser désormais ces petits arrangements, de reprendre notre liberté d’exercice seule garante d’un soin de qualité, de dénoncer une convention délétère et inéquitable, de recadrer les débats autour du soin : qu’est ce qu’un acte médical, comment lier l’intérêt du patient nécessairement individuel à l’intérêt collectif, quel est le juste prix du soin, peut-on faire confiance à nos interlocuteurs politiques et financiers ?

Trente années à tout accepter au nom de la triangulation de la relation du soin, jusqu’à mettre en péril nos outils de travail, ça suffit !

Plus de 10 ans d’études pour recevoir des visites « pédagogiques » de DAM à peine trentenaires, ça suffit !

Trente ans de tarifs bloqués obligeant à courir derrière les maigres majorations, les forfaits calibrés en centimes, les horaires délirants, ça suffit !

Trente ans de « négociations » syndicales à demander peu pour ne rien obtenir, dans un « réalisme syndical » minimisant le combat au profit du compromis.

Les syndicats godillots prêts à tout imposer à la profession pour une médaille ou une accréditation, ça suffit !

Relevons la tête ensemble, exprimons notre colère.

Rejoignez le combat aux cotés de l’UFML qui, depuis 2 ans, annonce implacablement ce qui va arriver.

Aujourd’hui nous le disons avec la même conviction que lorsque nous avions annoncé la fin de la liberté d’installation, la mise sous tutelle des ARS de la médecine de proximité et tous les points contenus dans la Loi de santé.

Si nous ne nous battons pas aujourd’hui, si vous ne vous levez pas, demain la médecine libérale est morte.

 

Dr Dominique Thiers-Bautrant,Vice-Présidente de l’UFML

Source : Newsletter UFML du 12 ocotbre 2014
Union Française pour une Médecine Libre

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