ANTIBIOTIQUES: 4 prescriptions chez le nourrisson et son risque d'obésité commence à augmenter – JAMA Pediatrics

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On sait que la petite enfance est une fenêtre de vulnérabilité aux facteurs environnementaux, en particulier en ce qui concerne le risque d’obésité. La prise d’antibiotiques à large spectre, avant l’âge de 2 ans et au-delà de 4 prescriptions environ, en fait désormais partie. Cette exposition vient d’être associée au risque d’obésité précoce, c’est-à-dire manifeste dès l’enfance, par cette étude de l’Université de Pennsylvanie. Ses conclusions, présentées dans le JAMA Pediatrics, impliquent une fois de plus le microbiote intestinal, affecté par les traitements et confirment l’importance d’un meilleur usage des antibiotiques, tout particulièrement chez le petit enfant.

 

Ce facteur  » antibiotiques  » porte de plus sur un risque majeur et croissant aujourd’hui chez l’enfant, l’obésité, associé au développement de nombreuses comorbidités dès l’enfance ou plus tard dans la vie. Identifier ce facteur, modifiable dans une certaine mesure, peut donc contribuer à réduire ce risque.

 

Cette étude de cohorte a ainsi évalué l’impact des antibiotiques prescrits dans la petite enfance (0 à 23 mois) sur l’obésité dans l’enfance (2 à 5 ans), à partir des données de 64.580 enfants, dont les traitements antibiotiques prescrits, les mesures anthropométriques et l’IMC.

L’analyse est claire tant en termes d’exposition que de conséquences sur le poids corporel:

·         69% des enfants ont été exposés à des antibiotiques avant l’âge de 24 mois, et, en moyenne 2,3 fois,

·         l’exposition cumulée aux antibiotiques est associée à une augmentation de 11% du risque d’obésité, à partir d’un nombre d’expositions ≥4,

·         l’effet est plus significatif pour les antibiotiques à large spectre (RR : 1,16),

·         l’effet est également plus significatif avec la précocité de l’exposition (RR : 1,11 pour la tranche d’âge 0 à 5 mois, RR : 1,09 pour la tranche d’âge 6 à 11 mois,

·         en revanche, les antibiotiques à spectre étroit n‘entrainent pas cette association.

Enfin, d’autres facteurs d’obésité déjà connus sont ici confirmés : Il s’agit de la prise de stéroïdes, du sexe (masculin), de l’origine ethnique, du cadre de vie, de l’asthme ou de la respiration sifflante…)

 

Vers de nouvelles directives de traitement pour les maladies pédiatriques courantes ? L’exposition répétée aux antibiotiques à large spectre chez les enfants de 0 à 23 mois est donc bien associée à un risque accru d’obésité à la petite enfance. L’étude appelle donc à de nouvelles directives de traitement pour les maladies pédiatriques courantes, permettant de limiter l’utilisation systématique des antibiotiques et de les réserver aux cas où leur efficacité est bien démontrée et, enfin, de privilégier, quand cela est possible, les antibiotiques à spectre étroit.

 

Source: JAMA Pediatrics September 29, 2014. doi:10.1001/jamapediatrics.2014.1539 Association of Antibiotics in Infancy With Early Childhood Obesity (Visuel © tiero – Fotolia.com)

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