Dépistage du CANCER COLORECTAL: Quel mode de détection privilégier – ESMO

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Le dépistage du cancer colorectal, par recherche de sang occulte dans les selles, permet d’augmenter la détection de polypes à haut risque de 89%, conclut une première étude française. C’est sans compter le passage au test immunologique qui devrait conduire à une plus grande réduction de l’incidence du cancer colorectal et de son taux de mortalité, ajoutent d’autres experts. Et qu’en est-il de la coloscopie pour les patients à haut risque ? Le point sur l’efficacité des différents modes de détection, au Congrès 2014 de l’European Society for Medical Oncology (ESMO).

 

Le dépistage via le test au gaïac permet déjà d’augmenter de 89% le taux de diagnostic des adénomes précancéreux à haut risque : Une première étude, menée par le Dr Vanessa Cottet de l’Inserm (Dijon), a évalué, à partir du registre des données concernant les adénomes colorectaux depuis 1976, le taux de diagnostic des adénomes avant et après le lancement du programme de dépistage par recherche de sang occulte dans les selles débuté en 2003. L’étude a inclus tous les sujets, âgés de 50 et 74 ans ayant eu un premier diagnostic d’adénome entre janvier 1997 et décembre 2008. L’analyse montre que,

·         38,7% étaient à haut risque (diamètre >1cm, villosités de la muqueuse intestinale, dysplasie de haut grade)

·         Pour ces adénomes à haut risque, les taux de diagnostic normalisés selon l’âge s’élèvent à :

·         136/100.000 habitants avant la mise en œuvre du programme de dépistage,

·         257/100.000 après,

·         Soit une augmentation de 89% du taux de dépistage.

·         Pour les adénomes non-avancés, les taux de diagnostic normalisés selon l’âge s’élèvent à :

·         235/100.000 et 392/100.000 respectivement avant et après, soit une augmentation de 68%.

En conclusion, la mise en œuvre du dépistage du cancer colorectal tous les deux ans dans cette région française a augmenté le taux de diagnostic des adénomes précancéreux à haut risque de 89%.

Des résultats déjà en faveur des programmes de dépistage de masse du cancer colorectal, concluent les auteurs, pour qui le taux de participation est donc un enjeu majeur de réussite. Car l’analyse montre aussi que ces taux n’ont pas poursuivi leur progression entre 2005 et 2007.

 

Le passage au test immunologique pourrait permettre d’améliorer encore ces résultats : Car aujourd’hui, le taux de couverture du dépistage ne dépasse pas 32% des Français éligibles. Le dépistage organisé du cancer colorectal, actuellement proposé aux Français âgés de 50 à 74 ans sur l’ensemble du territoire national, s’appuie sur des tests de recherche de sang dans les selles à l’aide du test  » Hémoccult II® « , ce test doit être remplacé par un test immunologique jugé plus simple, grâce à un prélèvement unique, plus précis et plus sensible. Avec cette simplification du dépistage, les autorités sanitaires espèrent, conformément aux simulations effectuées, une participation plus large des Français aux tests de dépistage.

Ici, les auteurs confirment que les tests immunochimiques surpassent le test au gaïac pour la détection du cancer colorectal et des adénomes avancés.  » Compte tenu de la performance supérieure de tests immunochimiques, on peut supposer qu’un programme organisé de dépistage en utilisant ces tests va conduire à une plus grande réduction de l’incidence du cancer colorectal et de son taux de mortalité « .

 

Augmenter encore les taux de détection : Dans un communiqué, le Pr Hans-Joachim Schmoll, un hématologue expert de la Martin Luther University (Allemagne) confirme la supériorité des tests immunologiques mais rappelle que la coloscopie, ou a minima la sigmoïdoscopie (endoscopie), un mode de diagnostic plus standard en Allemagne et aux États-Unis, est préférable pour augmenter encore la détection, du moins chez les patients à risque élevé. Des approches qu’il qualifie de « gold standard« , en dépit de leurs effets indésirables et du risque de faux positifs.

 

La coloscopie est évaluée chez les patients à risque élevé de cancer colorectal par une autre étude française, de chercheurs du l’hôpital de Pontchaillou du CHU de Rennes. Cependant l’étude conclut qu’un dépistage par coloscopie semble moins efficace que par recherche de sang occulte dans les selles. Ici, le Dr Sylvain Manfredi et ses collègues ont mené leur étude également dans le contexte du programme national de dépistage, avec présélection par le médecin généraliste ou le gastro-entérologue des patients à risque plus élevé que la moyenne de cancer colorectal, en raison de l’histoire familiale. Ces patients ont été invités à subir une coloscopie plutôt le test habituel. L’étude a porté au total sur 1.179 patients dont 889 ont ainsi subi une coloscopie. 253 tumeurs colorectales ont été diagnostiquées dont 35 cancers et 219 adénomes dont 209 avancés.

Les auteurs ont estimé que,

·         la valeur prédictive positive de la coloscopie était de 3,9% pour le cancer, 25% pour les adénomes et 12,9% pour les adénomes avancés.

·         Or la valeur prédictive dans la population à risque moyen par test au gaïac + coloscopie est de 7,5 à 10% pour le cancer, de 32% à 37% pour les adénomes et 15% à 27% pour les adénomes avancés.  

Les chercheurs sont donc partisans de passer par le test habituel pour sélectionner les meilleurs candidats pour la coloscopie.

Des conclusions qui soutiennent donc l’approche standard en population générale.

 

Source : ESMO 2014

Lire aussi : CANCER COLORECTAL: Premier pas vers le test immunologique

CANCER COLORECTAL: Un nouveau test pour 2014?

CANCER COLORECTAL: Le dépistage réduit de plus de 30% le risque de décès

 

Biblio :

HAS 2008 Rapport – Place des tests immunologiques de recherche de sang occulte dans les selles

InCa synthèse relative aux modalités de migration vers l’utilisation des tests immunologiques de dépistage

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