Ebola: L'avenir est-il dans la sérothérapie? – Annals of Internal Medicine

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“Back to the Future”, titre cet article du Harvard Medical School (Massachusetts) sur la sérothérapie (ZMapp) appliquée à l’infection au virus Ebola. Une technique qui prend ses origines au 19è siècle qui consiste à transmettre par transfusion à une personne exposée, les anticorps d’une autre personne réchappée. Le point, dans les Annals of Internal Medicine, sur ce sérum au nom futuriste mais au principe microbiologique centenaire.

 

L’auteur, le Dr Scott H. Podolsky, professeur agrégé en santé mondiale et de médecine sociale à la Harvard Medical School nous rappelle que le développement de la sérothérapie aujourd’hui tentée contre le virus Ebola date du 19è siècle. Une  » technique  » qui repose sur la compréhension de la réponse immunitaire par anticorps monoclonaux, des molécules fabriquées par l’organisme capables de reconnaître des antigènes spécifiques. Ainsi, dans les années 1890, les scientifiques découvraient que l’exposition d’un animal à un agent pathogène comme ceux de la diphtérie et de la pneumonie entrainait le développement d’anticorps qui pouvaient ensuite être passivement transférés à un autre animal. C’est ainsi qu’un premier antisérum ou extrait de sang d’un homme contenant des anticorps contre la pneumonie à pneumocoques a été testé avec succès au début du 20è siècle. C’est ainsi que la recherche médicale, de l’âge d’or de la microbiologie à la lutte contre le sida, vient aujourd’hui aider les scientifiques qui cherchent des traitements et des vaccins contre les infections émergentes, comme le virus Ebola, explique le Dr Podolsky.

 

ZMapp, c’est ce type de sérum, qui a été administré, début août, à 2 travailleurs humanitaires américains infectés, Kent Brantly et Nancy Writebol. Une combinaison décrite comme très expérimentale, d’anticorps monoclonaux préformés dirigés contre le virus, et préalablement juste testé chez le singe. L’histoire raconte que Kent Brantly, pourtant à l’article de la mort se serait redressé moins d’une heure après le traitement.

 

La sérothérapie doit être administrée le plus tôt possible après l’exposition au virus, et cette contrainte semble s’appliquer également dans le cas d’Ebola. Avec un obstacle majeur, dans cette épidémie, la plupart des patients ne pourraient gagner l’hôpital à temps pour recevoir le sérum suffisamment tôt. Il reste donc aussi à tirer des leçons du passé. Comment pouvons-nous en garantir l’accès aux patients qui en ont besoin et comment cela peut-il être fait de façon séuritaire et équitable?

 

Source:

Annals of Internal Medicine 12 August 2014 doi:10.7326/M14-1810 Serotherapy: Back to the Future

CNN.com. 4 August 2014 Experimental drug likely saved Ebola patients

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