EBOLA: La recherche ira-t-elle plus vite que le virus ? – Nature, OMS

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Alors que le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l’épidémie Ebola d’Afrique de l’Ouest, fait état, au 31 août, de 3.685 cas confirmés et probables dont 1.841 décès -soit un taux de létalité de 53%- en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, sans compter la vingtaine de cas confirmés au Nigéria et un premier cas confirmé au Sénégal, de nombreuses équipes de virologues travaillent, partout dans le monde, au développement de traitements et de vaccins, alors qu’un premier  » sérum expérimental « , ZMAPP® a déjà été autorisé par l’OMS pour usage compassionnel chez quelques patients.

 

Dernière étude en date, celle de virologues de l’Université du Texas confirmant que la combinaison de 3 anticorps monoclonaux (ZMapp) permet de protéger complètement des singes contre une dose létale de virus Ebola jusqu’à 5 jours après l’infection, lors du pic de sévérité de la maladie. Thomas Geisbert, professeur de microbiologie et d’immunologie à l’Université du Texas explique, dans la revue Nature, les progrès accomplis dans la recherche d’un traitement de l’infection à Ebola: Alors que les filovirus connus, comme les virus Ebola et Marburg, sont parmi les agents pathogènes les plus meurtriers, avec des taux de létalité pouvant atteindre 90%, depuis la découverte du virus Ebola en 1976, de nombreuses équipes de recherche travaillent activement au développement de traitements pour combattre l’infection. Ces 10 dernières années ont vu développer des traitements qui offrent une protection partielle, toujours chez les singes, à condition que l’administration ait lieu dans l’heure qui suit l’infection…D’autres candidats, offrant une meilleure protection chez l’animal, doivent être donnés dans les 2 jours de l’exposition au virus. Enfin, d’autres recherches ont abouti à des combinaisons d’anticorps monoclonaux qui protègent 43% des singes en cas d’administration au plus tard 5 jours après l’exposition.

 

La recherche sur les traitements est sur le point d’aboutir: Le sérum ZMAPP® expérimental, autorisé par l’OMS , a permis une survie de tous les singes ayant reçu une dose létale du virus Ebola avec, 21 jours après l’exposition, une  » indétectabilité  » du virus et même en cas de traitement tardif, soit 5 jours après l’infection. Seul  » hic « , les laboratoires co-fabricants, Leafbio et Mapp Biopharmaceuticals annoncent la rupture de stock de ce médicament expérimental. Deux autres laboratoires, Tekmira et Biocryst Pharmaceuticals, cofinancés par le ministère américain de la Défense travaillent également sur des candidats thérapeutiques contre le développement précoce de l’infection à Ebola.

 

Contrôler les futures épidémies par le vaccin : 5 vaccins préventifs ont été documentés comme protecteurs –toujours chez le singe- contre les virus Ebola et Marburg. Mais seuls les vaccins à base de VSV* semblent protéger contre le virus Ebola après une seule injection. Parmi les pistes en cours,

·         Les scientifiques du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID/NIH) commencent leurs essais de phase I sur un premier vaccin expérimental anti-Ebola, basé sur est basé sur un adénovirus (chimp adenovirus type 3 ou ChAd3: virus du rhume chez le chimpanzé) utilisé comme vecteur pour livrer des segments de matériel génétique de 2 souches de virus Ebola (Zaïre et Soudan).

·         Crucell, une pharma basée aux Pays Bas collabore également avec le NIAID sur un candidat vaccin protecteur contre plusieurs souches du virus Ebola et contre Marburg. Les essais de phase I pourraient débuter avant 2016.

·         Le Canada prépare un vaccin VSV-EBOV (basé sur le *virus de la stomatite vésiculaire) qui protège à la fois avant et après l’exposition au virus.

·         Une biotech, basée dans le Maryland, Profectus Biosciences a développé également un vaccin basé sur le VSV, VesiculoVax qui aurait démontré son efficacité, chez le singe, par dose unique.

·         Immunovaccine Inc, une petite pharma canadienne développe également son vaccin basé sur des protéines stimulant le système immunitaire contre le virus. Les tests ont commencé chez des singes.

 

Reste à tester l’innocuité et l’efficacité de ces candidats chez l’Homme, dont certains devront peut-être être utilisés, avant les tests, pour usage compassionnel, mais aussi à consolider les systèmes de santé des pays touchés avec l’aide internationale et la mise en œuvre d’une infrastructure mondiale, fonctionnelle et durable permettant de prévenir et contenir les épidémies.

 

Source: OMS 4 September 2014 Ebola virus disease outbreak – west Africa

Nature 29 August 2014 doi:10.1038/nature13746 Ebola therapy protects severely ill monkeys (Visuel@ Thomas W. Geisbert)

NIH NIH to Launch Human Safety Study of Ebola Vaccine Candidate

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