VIH: Le microbiote intestinal parfois complice de l'infection – Cell Host & Microbe

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Le microbiote intestinal révèle un rôle essentiel dans la façon dont le VIH parvient à déjouer la réponse du système immunitaire de l’organisme, selon cette étude surprenante de la  » Duke Medicine « . Ces chercheurs nous expliquent dans la revue Cell Host & Microbe, pourquoi les anticorps intestinaux qui répondent à l’attaque du virus VIH, s’avèrent parfois inefficaces.

 

Notre flore intestinale protège notre santé en contribuant au développement du système immunitaire et en stimulant un groupe de cellules immunitaires qui contrôlent les bactéries, explique le Dr Barton F. Haynes, directeur du Duke Human Vaccine Institute :  » Mais cette recherche montre que les anticorps qui contrent les bactéries réagissent aussi au contact de l’enveloppe du VIH « . Ces anticorps ciblent des sites sur l’enveloppe extérieure du virus appelés  » gp41  » mais, dans ce processus le microbiote intestinal est complice ou du moins,  » il se fait avoir « .

 

Notre organisme se défend contre la plupart des nouvelles infections par le déploiement de cellules B naïves, des lymphocytes qui n’ont encore jamais rencontré leur antigène, et qui vont  » enregistrer  » la marque de cet agent pathogène lors d’un premier contact pour savoir ensuite comment le combattre. Mais, lorsque le VIH commence à se répliquer dans le tractus gastro-intestinal, point de cellules B naïves en réponse. La région  » gp41  » de l’enveloppe extérieure du virus vient  » mimer  » les antigènes bactériens, trompe ainsi le système immunitaire et c’est un réservoir de cellules B déjà entraînées à combattre les infections bactériennes, telles qu’à E. coli, qui constitue la réponse immunitaire. Quant aux cellules B naïves, elles remarquent bien le VIH, elles produisent bien des anticorps mais qui n’apportent aucune protection, car ces anticorps ciblent des régions non protectrices de l’enveloppe du virus.

Des résultats confirmés chez des personnes non infectées par le VIH, chez qui les chercheurs isolent de la flore intestinale des anticorps de gp41 mutés qui réagissent avec les bactéries intestinales.

 

La réponse immunitaire dans l’infection à VIH peut être ainsi influencée par une précédente infection bactérienne intestinale, type E. Coli, donc par des cellules B déjà préalablement activées, déjà présentes avant l’infection à VIH et donc inefficaces contre l’infection à VIH.

 

La compréhension de cette réaction croisée bactéries intestinales/VIH sera utile pour le développement de vaccins contre le VIH.  » Non seulement la flore intestinale peut influencer le développement et la fonction du système immunitaire, mais aussi prédéterminer notre réaction face à certaines infections telles que le VIH« , concluent les auteurs.

 

Source: Cell Host Microbe, 2014 HIV-1 Envelope gp41 Antibodies Can Originate from Terminal Ileum B Cells that Share Cross-Reactivity with Commensal Bacteria (Vignette NIAID)

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