La lutte pour la survie de l’art du soin – UFML

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Le mois d’août tire à sa fin, les travaux parlementaires vont reprendre. Le Projet de la loi de santé présenté le 19 juin 2014, sera discuté à partir du 28 août.

il contient les axes de la nouvelle politique de santé et réaffirme le rôle central de l’état .

Délicat euphémisme.

La réalité :

  • organisation et gestion de la stratégie des soins par les financeurs, assurance maladie et complémentaires, comprenant aussi la répartition territoriale, suggérant la fin de la liberté d’installation ;
  • définition par ces mêmes organismes et sous contrôle de l’état des missions de santé publique, prévention, gestion du risque environnemental ;
  • bras armé : ARS qui auront tous pouvoirs pour imposer, réprimer, interdire…
  • objectifs fixés par décrets ;
  • réseaux de soins approuvés par… ARS ;
  • et ce que nous connaissons déjà : TPGsalles de shoot, parcours de soin, contrats responsables, dégressions tarifaires, lettres clés flottantes, etc…

L’inévitable bonus démagogique, d’un effrayant cynisme sous l’éclairage de l’affaire de Garches : la démocratie sanitaire II, où on laisse croire aux patients que, parce qu’ils auront un siège dans quelques réunions informelles et convenues, ils deviendront enfn maîtres de leur parcours…

Ce projet est bien réel : il est la condamnation de toute forme de liberté dans l’exercice médical, il est l’extinction de la médecine de proximité, le coup de grâce à la médecine libérale.
La ministre de la santé mise sur le tout-public.

 

Le médecin ne sera plus maître de ses prescriptions, de ses appréciations, de ses conditions de travail ni même de sa démarche diagnostique.

Le patient ne sera plus libre de ses choix et dépossédé de ses données de santé, ouvertes… aux 4 vents. La santé devient un algorithme, validé (ou pas) par les ARS aux pouvoirs décuplés.

Nous alertons depuis des mois et des mois, en prévision de cette réforme que nous redoutions, dans l’ambiance actuelle d’extrême violence à l’encontre des soignants.
Ce n’est pas une lutte d’arrière garde de privilégiés nantis : c’est la lutte contre un étatisme imposé à marche forcée, intrusif, coûteux et dont nous pouvons affirmer avec force qu’il va à l’encontre des intérêts individuels des patients, fait le jeu des financeurs privés et des « petits chefs » administratifs et conduira le pays à un dangereux appauvrissement sanitaire.

Il nous faut nous préparer à un combat âpre, opposant des visions radicalement opposées de l’exercice de notre métier.

Il n’y aura pas de compromis possibles, pas d’aménagements, pas d’accords à envisager, encore moins à signer.

C’est une lutte pour la survie de l’art du soin, de la prise en compte de l’individu, le refus de la marchandisation, de la normalisation.

Soyons prêts.

Dr Dominique Thiers-Bautrant, Vice Présidente de l’UFML

Source : Newsletter UFML du 24 août 2014

Union Française pour une Médecine Libre

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