GÉNÉTIQUE: Comment certaines mutations survivent sans envahir le monde – Nature Communications

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Les chercheurs de l’Institut Weizmann expliquent comment la fertilité  » survit  » dans nos sociétés, alors que l’infertilité majoritairement liée à des facteurs génétiques, progresse. A partir de cet exemple, leurs conclusions, présentées dans la revue Nature Communications contribuent à expliquer plus largement la persistance relativement stable de mutations qui conduisent au développement de maladies à facteurs génétiques, en particulier celles qui vont affecter les deux sexes de manière asymétrique.

 

Alors que 15% des adultes souffrent de problèmes de fertilité, dont une grande proportion en raison de facteurs génétiques on pourrait en effet s’attendre, en fin de compte, à l’extinction de toute fertilité dans la population. Cette recherche semble non seulement apporter la clé de l’énigme mais aussi de nouvelles perspectives dans la compréhension des maladies génétiques. Car la survie de mutations génétiques délétères peut s’expliquer de différentes façons, par les rôles multiples d’un même gène qui peut à la fois favoriser le développement d’une maladie et conférer un avantage évolutif, ou par la persistance d’un gène chez une population limitée et isolée. Ici, c’est une nouvelle approche explicative qui nous est proposée pour expliquer la persistance de ces mutations délétères, basée sur les différences entre hommes et femmes.

 

Des mutations venant de Mars, d’autres de Vénus: Bien qu’hommes et femmes portent des ensembles de gènes presque identiques, de nombreux gènes sont activés différemment chez chaque sexe. La sélection naturelle fonctionne donc différemment sur ​​les mêmes gènes chez les hommes et les femmes, ou les mâles et les femelles.

L’exemple est donné

·         d’une mutation génétique qui altère le lait maternel. Elle ne fera l’objet d’une sélection négative que chez les femmes,

·         d’une variante d’un gène profitable aux femmes mais nocive pour les hommes. Elle pourra se propager car elle profitera d’une sélection positive chez les femmes, soit la moitié de la population.

Sur ce principe, les chercheurs ont créé un modèle mathématique de propagation des mutations néfastes qui affectent seulement la moitié de la population et montrent, avec ce modèle, que ces mutations doivent se produire 2 fois plus souvent pour  » subsister « , que les mutations qui affectent les hommes et les femmes de manière similaire.

 

Une mutation présente chez la moitié de la population, 2 fois plus fréquente : A partir de 95 gènes actifs uniquement dans les testicules, dont la plupart essentiels pour la procréation -donc en cas de mutation facteurs possibles de stérilité-, ils montrent que ces gènes, spécifiques aux hommes, ont un taux multiplié par 2 de mutations délétères vs des gènes actifs chez les 2 sexes. Cela contribue à expliquer la persistance de mutations génétiques, pas seulement en cas de troubles de la fertilité, mais aussi dans le cas d’autres maladies à facteurs génétiques, en particulier celles qui vont affecter les deux sexes de manière asymétrique (schizophrénie, maladie de Parkinson chez les hommes, dépression et maladies auto-immunes affectant plus les femmes).  

Autre implication, ajoutent les auteurs, il s’agirait d’adapter certains traitements médicaux au sexe du patient.

 

Source: Nature Communications 11 July 2014 doi:10.1038/ncomms5438 Reduced selection and accumulation of deleterious mutations in genes exclusively expressed in men

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