ALZHEIMER: Vrais et faux facteurs de risque – AAIC

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Avec cette étude présentée à l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC 2014), les facteurs de risque et de réduction des risques d’Alzheimer deviennent plus clairs : ainsi la poursuite d’activités mentales mais aussi  physique modérée à l’âge mûr va protéger contre la maladie mais les troubles du sommeil sont assurément un facteur de risque de développement de la maladie. Et, contre toute attente, l’hypertension artérielle (HTA) peut être un facteur protecteur.

 

Le Pr Heather Snyder, directeur médical et scientifique de l’Association d’Alzheimer rappelle à quel point il est important de préciser les facteurs de prévention et de risque de la maladie pour mieux pouvoir la prévenir. Des changements de mode de vie par exemple pourraient permettre de réduire à long terme l’incidence de la maladie. Elle souligne ainsi la nécessité de financer de grandes études cohortes sur des groupes de population spécifiques pour mieux préciser les options alimentaires, d’activité physique et mentale ou encore de rythme de vie pour influer sur les différents facteurs de risque à chaque âge de la vie.

 

La poursuite d’activités mentales ou d’une activité professionnelle a déjà été documentée, par de nombreuses études, comme réductrice du risque de troubles cognitifs et de démence. Mais les mécanismes sous-jacents, hors bénéfice sur la plasticité cérébrale, restent encore mal compris. Cette étude des Wisconsin Alzheimer’s Institute et Wisconsin Alzheimer’s Disease Research Center menée auprès de 329 adultes âgés en moyenne de 60 ans et sains sur le plan cognitif, dont 40% positifs pour le gène (prédisposant) ApoE4 et 74% à antécédents familiaux d’Alzheimer, engagés dans des activités cognitives stimulantes, montrent via l’IRM et toute une batterie de tests neurocognitifs :

·         un plus grand volume de plusieurs zones du cerveau touchées dans la maladie d’Alzheimer,

·         et des scores plus élevés aux tests cognitifs sur la mémoire et les fonctions exécutives.

Des résultats qui confirment que l’engagement dans des activités cognitives stimulantes, en particulier celles impliquant des jeux de réflexion ou de stratégie tels que des puzzles et certains jeux de cartes, préserve les structures du cerveau et des fonctions cognitives plus vulnérables à la maladie. Des études plus détaillées sur les activités cognitives spécifiques permettraient de mieux cibler ces activités pour retarder le développement de la maladie d’Alzheimer.

 

La pratique d’un exercice modéré dès le milieu de la vie (ou avant) a également déjà été associé à une diminution du risque de démence. Mode de vie et santé cérébrale apparaissent, au fil des études de plus en plus liés, et l’activité physique régulière comme un facteur de prévention du risque de démence.

·         Sur ce sujet, c’est une étude de la Mayo Clinic qui s’est penchée sur la relation entre la période de pratique de l’exercice (milieu de vie ou plus tard dans a vie) et le risque de démence, chez 280 adultes âgés en moyenne de 81 ans et atteints d’une déficience cognitive légère – donc à risque plus élevé de maladie d’alzheimer. Un suivi de 3 ans constate que des antécédents de pratique de l’exercice physique modérée à l’âge moyen sont associés à une diminution significative du risque d’évolution vers la démence. Cette association n’est pas retrouvée à un âge plus mûr.

·         Une seconde étude de la Mayo Clinic, sur 1.830 personnes âgées à cognition normale suivis pendant une moyenne de 3,2 ans confirme également que l’exercice physique à mi-vie et fin de vie sont tous deux associés à une diminution du risque de déficience cognitive légère.

 

Les troubles du sommeil, en particulier combinés avec le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) peuvent augmenter le risque de démence. Ce risque est documenté chez les anciens combattants. Il est connu que les troubles du sommeil constituent un facteur de risque de déclin cognitif et de démence, mais cette association n’a pas été soigneusement étudiée chez les anciens combattants âgés. Une étude de l’Université de Californie, San Francisco menée auprès de 200.000 anciens combattants âgés de 55 ans à 96,5% de sexe masculin confirme qu’un diagnostic de troubles du sommeil, non spécifiques accroît de 30% le risque de démence. La combinaison troubles du sommeil + SSPT, de 80%. Là encore les chercheurs appellent à d’avantage de recherche pour clarifier le rôle des troubles du sommeil sur le risque ou l’apparition précoce de la démence.

 

L’apparition tardive de l’hypertension peut protéger contre la démence et si l’HTA à la quarantaine est considérée comme un facteur de risque de maladie d’Alzheimer et d’autres démences, de nouvelles preuves suggèrent que son rôle dans le risque de démence peut varier au fil du temps, et peut donc contribuer à protéger contre la démence les personnes de 90 ans et plus. Ici, c’est une étude de l’Université de Californie, Irvine menée sur 625 participants âgés en moyenne de 93 ans et sans déclin cognitif, évalués tous les 6 mois durant 10 ans qui démontre qu’un début d’hypertension aux âges de 80 à 89 ans est associé à un risque significativement plus faible de développer une démence. Cette association s’avère indépendante de la prise ou non de médicaments contre l’hypertension. Ainsi, concluent les auteurs, le développement de l’hypertension chez les personnes âgées peut être bénéfique pour le maintien de la cognition, cela via des mécanismes liés à la perfusion cérébrale ou aux pathologies vasculaires ou autres. Mais, encore une fois, il convient de mieux comprendre ces mécanismes, parce que les recommandations de pression artérielle devraient alors être modulées en fonction de l’âge.

 

Source: AAIC Potential Alzheimer’s disease risk factor and risk reduction strategies become clearer

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