Le CYTOMÉGALOVIRUS humain livre son protéome – Science

SHARE

Séquencé pourtant il y a plus de 20 ans, le cytomégalovirus humain (HCMV) vient de livrer de nouveaux secrets avec cette recherche de l’Université de Californie à San Francisco. L’étude révèle en effet la complexité surprenante et la capacité remarquable du cytomégalovirus humain (HCMV) à coder pour de très nombreuses protéines et apporte une nouvelle compréhension de la façon dont le virus « manipule » les cellules humaines lors de l’infection. La recherche, présentée dans l’édition du 23 novembre de la revue Science, non seulement décrypte le protéome de cet agent pathogène, mais présente une technique de déchiffrage applicable à un grand nombre d’autres virus.

Le cytomégalovirus humain (HCMV) est une cause majeure de malformations congénitales infectieuses dans le monde entier. Le virus est également connu pour provoquer une maladie mortelle, chez les patients transplantés et les personnes vivant avec le VIH / SIDA. Le virus est présent dans le monde entier mais 50 à 80 % des adultes de 40 ans ont des anticorps anti-CMV. L’infection au cytomégalovirus (CMV) est l’infection la plus commune transmise de la mère à son nouveau-né et l’une des principales causes de surdité chez l’Enfant. Chaque année aux Etats-Unis, ce sont 20 à 30.000 enfants qui naissent infectés par le CMV et environ 10 à 15% d’entre eux sont à risque de développer une perte auditive. En France, 1% des femmes enceintes font une primo-infection à CMV pendant la grossesse et l’infection materno-fœtale à CMV touche 0,5 à 2 % des nouveau-nés français. Il n’existe actuellement aucun vaccin disponible sur le marché contre le CMV.

HCMV est un virus très réussi, commentent ces chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco et d’autres instituts des États-Unis et d’Allemagne, il possède l’un des plus grands génomes avec 240.000 paires de base d’ADN. En comparaison, le génome du poliovirus n’en contient qu’environ 7.500. Noam Stern-Ginossar de l’UCSF et ses collègues viennent de décrypter le protéome, c’est-à-dire l’ensemble des protéines exprimées par ce redoutable agent pathogène, en combinant plusieurs techniques dont le profilage des ribosomes et la spectrométrie de masse.

« Chacune des protéines identifiées peut nous dire comment ce virus manipule la cellule hôte » : Pour ces chercheurs en effet, le génome du virus n’était qu’un point de départ, ils souhaitaient aussi identifier les protéines codées par le génome pour comprendre le mécanisme infectieux et trouver comment le bloquer. Les scientifiques ont donc travaillé sur la position des ribosomes -les organites cellulaires dans lesquelles les protéines sont synthétisées- sur des lignées de fibroblastes humains infectés à HCMV et ont ainsi découvert des centaines de « templates », précodés dans des segments d’ADN du génome viral et codant pour des protéines jusque-là non identifiées.

Des templates dans les templates : Ces templates, appelés « cadres ouverts de lecture » codent pour des séquences de protéines extrêmement courtes comportant moins de 100 acides aminés et certain de ces cadres de lecture ouverts cachent encore, à l’intérieur, d’autres cadres de lecture ouverts. Chacun de ces cadres peut coder plusieurs protéines, et ces protéines sont bien plus nombreuses que nous le pensions. Ces informations vont maintenant pouvoir être utilisées pour comprendre comment le HCMV détourne les cellules de leurs hôtes pour son propre usage, la technique pour déchiffrer le protéome de nombreux autres virus.

Source: Science 23 November 2012 DOI: 10.1126/science.1227919 Decoding Human Cytomegalovirus (Visuels CDC)

Accéder aux dernières actualités sur le Cytomégalovirus

Vous pouvez laisser une réponse, ou faire un rétrolien depuis votre site.

Laisser un commentaire

Powered by WordPress | Designed by: Free Web Space | Thanks to Highest CD Rates, Boat Insurance and UK Fiverr