Recherches H5N1: Retarder leur publication pour mieux rassurer – OMS-Science

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Un accord assez fort sur la divulgation complète, à terme, des 2 études et sur la poursuite des recherches s’était dégagé de la réunion d’experts qu’organisait l’OMS les 16 et 17 février à Genève, allant contre la recommandation de l’agence américaine de biosécurité. Mais au-delà de ce consensus de principe, il faudra attendre plusieurs semaines, le temps de pouvoir répondre aux inquiétudes de certaines institutions et du public, pour pouvoir publier.

Ce consensus global, jugé préférable par la majorité des experts réunis a été confirmé à l’issue de la réunion par Keiji Fukuda, porte-parole de l’OMS. Certains experts comme Anthony Fauci, directeur du NIH et Paul Keim président de la NSABB se sont exprimés en désaccord avec la position générale de l’OMS. Rappelons que la NSABB avait bloqué la publication pour raison de biosécurité et alerté à plusieurs reprises sur le risque exceptionnellement élevé de publication sans conditions, des recherches sur la grippe aviaire.

La réunion organisée par l’OMS devait prendre une décision sur le principe de publication concernant les 2 études controversées portant sur les recherches sur le virus de la grippe aviaire H5N1 et le développement d’une souche hautement pathogène, transmissible à l’Homme, mais ses conclusions restent mitigées. 22 experts invités par l’OMS, tous reconnus au niveau international, dont Ron Fouchier de l’Erasmus MC (Pays-Bas) et Yoshihiro Kawaoka de l’Université du Wisconsin, coordinateurs des 2 études concernées, Paul Keim, président de l’Agence américaine de biosécurité (NSABB), les rédacteurs en chef des revues Nature et Science qui devaient publier les études, les représentants des 5 centres collaborateurs de l’OMS pour l’étude de la grippe, des représentants de l’Indonésie et du Vietnam, des pays touchés par le virus. Un expert des armes biologiques, Jérôme Singh, de la Nelson Mandela School of Medicine – Université de Durban, Afrique du Sud était également présent.

 

Prolonger le moratoire de plusieurs semaines : Si le groupe d’experts de premier plan et de hauts fonctionnaires de la santé publique, n’a pas de pouvoir de décision, il a recommandé que le moratoire actuellement en vigueur reste en place jusqu’à l’avancée voire l’aboutissement des discussions sur les questions de biosécurité. Mais, à terme, il a convenu que la totalité des informations provenant des études pourrait être bénéfique à la santé publique et à la recherche scientifique. Par ailleurs, ils précisent qu’il n’existe aucun mécanisme pour expurger les articles des données susceptibles de représenter un danger. Qui serait d’ailleurs habilité à effectuer ce travail et quels seraient les principes d’une telle censure, a interrogé le porte-parole de l’OMS, Keiji Fukuda.

L’OMS se donne donc plusieurs semaines pour étudier les différentes positions et leurs arguments,  répondre aux préoccupations du public, effectuer une analyse plus approfondie des questions de biosécurité soulevées par ces expériences, et réexaminer les conditions dans lesquelles ces recherches sur le virus sont menées.

Sources : Science (AAAS) Flu Experts—And One Ethicist—Debate Controversial H5N1 et WHO Meeting of Flu Experts Calls for Full Publication of Controversial H5N1 Papers OMS et WHO statement on new H5N1 influenza research (Visuels CDC)

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