Alors que le médicament de sevrage nicotinique Champix® (varénicline), est associé à un risque augmenté de troubles dépressifs et suicidaires et, plus récemment d’événements cardiaques, cet essai clinique montre que quitte à l’utiliser, un traitement de plus longue durée avant la date de cessation permet de réduire le taux de tabagisme avant la cessation et de jusqu’à doubler le taux d’abstinence dans les 3 mois qui suivent l’arrêt. En bref, il faudrait mieux commencer le traitement quelques semaines avant d’arrêter de fumer plutôt que quelques jours avant. Des conclusions publiées dans l’édition de janvier de la revue Clinical Pharmacology & Therapeutics, du groupe Nature.
Dans ce petit essai clinique, en double aveugle randomisé et contrôlé, mené sur 60 participants, par des chercheurs de l’Université de New York, de l’Université de Pennsylvanie, du Roswell Park Cancer Institute (New York) et de la Medical University of South Carolina montre un taux et une durée d’abstinence accrus chez les participants qui ont débuté le traitement plus en amont. Les participants, 35 femmes et 25 hommes, étaient âgés en moyenne de 48 ans, fumaient en moyenne 1 paquet par jour et étaient modérément dépendants à la nicotine.
Un groupe de participants a pris la varénicline durant 4 semaines avant la date de l’arrêt, l’autre groupe a pris 3 semaines de placebo puis 1 semaine de varénicline, tous les participants ont poursuivi le traitement 11 semaines après la date de tentative d’arrêt et ont bénéficié d’un soutien au sevrage de courte durée.
- Juste avant la date de cessation, la réduction du taux de tabagisme est déjà plus élevée dans le groupe longue durée que dans le groupe standard (42% vs 24%), et cet effet est plus marqué chez les femmes que chez les hommes (57% vs 26%).
- Durant les 4 dernières semaines de traitement, le taux d’abstinence continue est plus élevé chez les femmes dans le groupe longue durée vs chez les femmes du groupe standard (67% vs 35%).
- 53% des participants, hommes ou femmes, du groupe « longue durée » sont toujours abstinents 3 mois plus tard, vs 40% seulement des sujets du groupe standard.
- Des semaines supplémentaires de traitement ont donc permis aux participants de réduire leur consommation de tabac et d’augmenter leurs chances d’abstinence à 3 mois.
"Nos données suggèrent que la varénicline peut être deux fois plus efficace lorsque les patients la prennent quelques semaines de plus avant l’arrêt du tabac», conclut le Pr. Larry W. Hawk auteur principal et professeur associé de psychologie à l’Université de Buffalo. Mais reste à vérifier les éventuels effets indésirables supplémentaires liés à une durée prolongée de traitement.
En France, depuis mai 2011, Champix n’est plus remboursé, pour insuffisance de preuves d’efficacité.
Source: Clinical Pharmacology & Therapeutics (2012); 91 2, 172–180. doi:10.1038/clpt.2011.317 The Effects of Extended Pre-Quit Varenicline Treatment on Smoking Behavior and Short-Term Abstinence: A Randomized Clinical Trial
Lire aussi : CHAMPIX: Fallait-il attendre la Journée mondiale pour dérembourser ? –

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Je m’interroge… N’est-on réellement que « modérément dépendant à la nicotine » lorsqu’on fume un paquet par jour ??
Bonjour,
La dépendance à la nicotine ne s’évalue pas seulement par la quantité de cigarettes fumées par jour. D’autres paramètres rentrent en ligne de compte, comme le montre le test de Fagerström. Ainsi, il est possible de fumer un paquet de cigarettes par jour et d’être faiblement ou modérément dépendant à la nicotine.
Cordialement,
Pierre Pérochon,
Diététicien-nutritionniste, community manager
Bonsoir,
On a dit un peu tout et son contraire sur le Champix… Ancien fumeur, je tiens à apporter un argument tout simple que je suis surpris de n’avoir pas lu dans vos analyses : les personnes à tendance suicidaire ont davantage tendance à fumer que les personnes en bonne santé, du fait du stress, des facteurs sociaux, de la pression qu’ils subissent de la part de leur environnement, etc. Cela fausse au moins en partie les conclusions des études réalisées sur le Champix.
De plus, il ne faut pas oublier le vrai coupable dans l’histoire : le tabagisme. Celui-ci tue une personne toutes les dix secondes et près de 20 000 Belges par an ! (j’ai trouvé ces chiffres sur cette page : http://www.121doc.be/arreterdefumer.html ). Un médicament comme le Champix qui a un taux de réussite supérieur à 4 fois le taux habituel *sauve* bien plus de vies qu’il n’en met en danger !
Bonjour Grégoire,
Bien entendu le biais que vous mettez en avant a été pris en compte dans les différentes études publiées sur le champix® ou chantix®.
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Cordialement,
Pierre Pérochon,
Diététicien-nutritionniste, community manager