COEUR ET SPORT ( foot…)

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Du gros cœur sportif au risque de MCH

En recommandant la pratique systématique d’électrocardiogrammes (ECG) d’effort chez les sportifs, l’équipe du Dr Francesco Sofi (Université de Florence, Italie) a attiré l’attention de la médecine sportive sur l’insuffisance d’informations qu’apporte un ECG de repos. Les médecins du sport italiens sont considérés comme particulièrement compétents dans leur domaine. L’étude en question est parue on line dans le British Medical Journal le 3 juillet dernier. 

L’observation du cœur à l’effort (et celle d’autres paramètres) au cours d’un ECG d’effort peut aider à repérer une anomalie réelle, au-delà du constat bien connu : le gros cœur sportif, qui se développe par l’entraînement et la compétition de haut niveau, mais de façon normale, comme tout muscle (myocarde), sans changement inquiétant de ses structures externes et internes. Ceci contrairement aux cardiomyopathies, qui peuvent être obstructives et créer à la longue une insuffisance cardiaque – qui est l’une des indications de la greffe du cœur.

Quand celles-ci s’épaississent, comme dans la myocardiopathie hypertrophique (1) : la MCH, ce n’est qu’à l’exercice sous monitorage (impossible en situation réelle) en consultation de médecine du sport que des anomalies à l’effort peuvent être constatées. Ainsi la possibilité d’une MCH à développement lent a été évoquée chez un célèbre footballeur français de 36 ans, international de haut niveau ayant fait partie des équipes championnes d’Europe et du monde. Etonnement chez les fans de ce sportif !

Cette constatation, quand il est possible de la vérifier, notamment s’il existe des antécédents familiaux, traduit une prédisposition génétique à la MCH, dont on connaît les bases moléculaires. Le problème est que ses conséquences éventuelles, ou simplement son dépistage à l’occasion d’un bilan médical sportif, peuvent être relativement tardifs dans la vie du sportif.

A cela rien d’anormal, selon l’étude italienne, qui a eu l’opportunité d’explorer des sportifs de plus de 30 ans. Un ECG au repos normal peur devenir anormal à l’effort. Il est alors possible de détecter des anomalies cardiovasculaires et rythmiques révélées par l’effort sous monitorage et pouvant faire craindre le risque de mort subite sur le terrain. Il reste à démontrer que la répétition des épreuves d’effort sous ECG peut/pourra diminuer ce risque.

Cela dit, le gros cœur sportif sain est un phénomène reconnu. Entraînement intensif et compétitions de haut niveau favorisent son développement (x 2 à 3), mais si l’effort s’arrête, il reprend un volume proche de la normale. Il est donc important est donc de reconnaître que cette hypertrophie n’est pas une MCH, mais un développement à l’effort, comme tout muscle volontaire peut en bénéficier (biceps).

L’avantage d’un tel cœur (également observable chez le sportif amateur) est la puissance de pompage ainsi acquise, qui lui permet, pour le même niveau d’exercice, de battre nettement moins vite que le cœur du non sportif. Au repos, ce cœur bat également moins vite, ce qui a pu inquiéter les médecins du sport au milieu du siècle dernier. Mais contrairement à la bradycardie, on ne notait aucune anomalie rythmique.

Les explorations cardiovasculaires permettent aujourd’hui de discriminer entre gros cœur sportif sain et MCH, car à première vue ils ont la même forme. L’imagerie fonctionnelle (échocardiographie, tomo-angiographie), avec la possibilité de visualiser les cavités, d’évaluer la cinétique du myocarde, de mesurer l’épaisseur des parois externes et interne (septum),  et l’analyse génétique font la différence. Sans oublier l’ECG d’effort. Le bilan global doit tenir compte d’autres variables : nature du sport pratiqué, groupe ethnique, mensurations du sportif, antécédents familiaux…

Les anomalies génétiques touchant le cœur exposent le sportif au risque de mort subite au cours d’un effort intensif, comme on l’a vu ces derniers mois, notamment lors de matches de football. Le problème est qu’une anomalie génétique n’a pas de symptômes et les sportifs à risque peuvent apparaître longtemps en excellente condition physique, à l’effort comme en consultation de base de médecine du sport. Seul un test génétique pourrait mettre précocement les médecins sur la piste, en disposant de marqueurs biologiques (génétiques), d’anomalies musculaires ou rythmiques (troubles du rythme à l’effort).

Les progrès en génomique (exploration des gènes normaux et anormaux = mutations) devraient simplifier cette recherche et permettre de pratiquer plus facilement et plus souvent ce type de tests. Mais des progrès restent à accomplir pour simplifier cette recherche et en faire un dépistage en routine médicale sportive…

Blogger : Jean-Marie Manus

(1) On dit aussi : cardiomyopathie

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2 commentaires pour l'article “COEUR ET SPORT ( foot…)”

  1. Ouédraogo moussa dit :

    Parlant de gros coeur c’est dans quelle terme celui de volume ou de force.

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